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Gilles Carnoy, avocat à Bruxelles

Les risques de la RDA (I)

Une RDA permet de scinder la propriété du sol et du bâti. La TVA ne portera que sur la livraison du bâti neuf.

En effet, la TVA ne frappe l’ensemble qu’à la condition que la parcelle attenante et le bâti soient vendus simultanément par le même vendeur.

Lorsque le vendeur n’est pas la même personne, les droits d’enregistrement de 10, 12,5 voire 15 % sont dus, et non la TVA de 21 %, sur la quote-part dans le terrain.

À Bruxelles toutefois, vu l’abattement et s’il s’agit d’un appartement (et non d’une maison, ch. I, 5°, circ. 4/2003 du 24 février 2003), il faudra que cette quote-part ait une valeur de plus de 175.000 € pour que le droit proportionnel soit exigible.

Comme la RDA réduit la charge fiscale sur la commercialisation, la marge du promoteur est plus importante.

D’où la tentation de toujours faire en sorte que ce ne soit pas la même personne qui cède la partie sol et le lot bâti.

Se pose alors la question de savoir si le recours à la RDA peut présenter un risque fiscal.

Il y a deux aspects à la question :

  1. Les conditions de l’article 1, § 9, Code TVA

Le terrain attenant doit être cédé en même temps par la même personne.

Dans sa décision administrative n° ET 119.318 du 28 octobre 2010, l’administration centrale reconnait que la condition de cession du sol et du bâti par une « même personne » est en principe « à interpréter strictement ».

Par même personne, il faut comprendre le même assujetti (Question écrite n° 5-805 de Bart Tommelein du 29 décembre 2010).

Dès lors que les sociétés concernées ne forment pas une unité TVA, il n’est pas question de les considérer comme une même personne.

Il en va de même s’ils ne constituent pas une société momentanée.

Lorsque les parties sont des assujettis différents, il n s’agit pas de la même personne et les conditions de l’article 1, 9°, sont réunies.

  1. L’abus fiscal de l’article 1, § 10, Code TVA

Le fait de traiter avec deux vendeurs (un pour le sol et un pour le bâtiment neuf) ne sera pas nécessairement considéré comme un abus de droit :

« Pour autant que cette manière de procéder soit appliquée de façon conséquente et quelle que soit la qualité de l’acheteur ».

Autrement dit il faut agir de la même manière avec un acheteur assujetti avec droit à déduction qu’avec un non assujetti sans droit à déduction.

C’est cette seule préoccupation qu’exprime la décision ET 119.318. En effet, la décision considère que

« Pour des raisons économiques et/ou financières, il est […] de pratique commerciale courante de traiter avec deux vendeurs (c’est-à-dire un pour le sol et un autre pour le bâtiment neuf) » et que « cette pratique ne sera pas, dans ces circonstances particulières, considérée comme un abus de droit pour l’application de la TVA, pour autant que cette manière de procéder soit appliquée de façon conséquente et quelle que soit la qualité de l’acheteur ».

Cela fut répété par le Ministre (alors M. Reynders) dans la Question parlementaire orale n° 1067 de Madame Gwendolyn Rutten du 24 novembre 2010.

L’administration reconnait pas là que le mécanisme de la RDA en soi ne revêt pas un abus fiscal.

Il ne pourrait en être autrement qu’à la condition que les parties créent artificiellement une situation de dissociation.

Cela pourra être le cas si le terrain appartient au promoteur et qu’il le place par apport en nature dans une société créée pour les besoins de l’opération.

Mais si les terrains sont logés dès leur acquisition dans une société de patrimoine distincte de la société qui réalise la promotion, il n’y a pas construction artificielle.

Il est parfaitement justifié de diviser les risques entre une société de patrimoine propriétaire du foncier et une société d’exploitation car ces entreprises ont leur propre risque, leur propre cycle économique et leur propre activité.

La photo : Le tireur à l’arc (1936). Étonnante Statue d’Arthur Dupagne, à l’entrée de la place du Roi Vainqueur à Bruxelles. Pas vraiment belle, la place est intéressante. Le plan d’ensemble est cohérent en façades en briques jaunes typiques des années 30. La place est homogène et un  impression d’harmonie et de grandeur s’en dégage. Conception sur concours en 1936 (P. Posno), la place ne fut achevée qu’en … 1958. A voir mi avril, les cerisiers sont en fleur.

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La réforme du droit de la copropriété en 21 points

1. Extension du champ d’application de la loi aux biens non (encore) bâtis comme les projets en devenir, parcs résidentiels, … 2.  S’agissant du PV de non application, nécessité d’un acte de base et donc, d’un rapport de quotités dans la détermination des lots. 3.  Quant à la structure des plus grands ensembles, a. S’agissant […]

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1. Extension du champ d’application de la loi aux biens non (encore) bâtis comme les projets en devenir, parcs résidentiels, …

2.  S’agissant du PV de non application, nécessité d’un acte de base et donc, d’un rapport de quotités dans la détermination des lots.

3.  Quant à la structure des plus grands ensembles,

a. S’agissant des associations partielles avec personnalité, faculté de proposer des structurations asymétriques, c’est-à-dire dans les groupes d’immeubles ou les éléments comportant différents éléments physiquement distincts, de limiter la création d’une association partielle à un immeuble ou à une fraction d’immeuble ;

b. Suppression des associations partielles sans personnalité juridique mais consécration de l’idée suivant laquelle en présence de charges communes particulières, seuls les copropriétaires concernés votent, ce qui revient à donner une réelle autonomie aux copropriétaires concernés mais au départ de la notion de « charge commune particulière » ;

c. Chronologie logique dans l’acquisition de la personnalité juridique dans les copropriétés pyramidales (d’abord l’association principale, puis ensuite les associations partielles).

4.  Consécration de l’idée suivant laquelle un usage exclusif est présumé constitutif d’une servitude, ce qui implique qu’il doit être l’accessoire d’un fonds dominant.

5.  Rétrécissement du contenu du Règlement de copropriété au bénéfice du règlement d’ordre intérieur, au bénéfice d’un assouplissement du formalisme en cas de modification et ce, sans perte d’efficacité puisque les clauses de recouvrement doivent continuer à figurer dans le Règlement de copropriété.

6.  Dans les nouvelles promotions, définition d’un cadre (conditions de fond et de forme) permettant enfin de modifier valablement les statuts avant la réception provisoire des parties communes concernées (en cas d’association partielle).

7.  Coup d’arrêt aux services de gestion imposés via les statuts de copropriété (ex. résidences avec services hôteliers, résidences pour personnes âgées, …) aussi, cela devrait se faire sur une base volontaire et en dehors des statuts de copropriété (cela rejoint la jurisprudence connue).

8.  Validation des clauses de médiation par opposition aux clauses d’arbitrage.

9.  Meilleure définition des fonds de roulement et de réserve – création obligatoire, obligation de dissociation, solidarité en cas de démembrement sur un lot, ventilation claire des appels de fonds entre roulement et réserve – en principe, mise en place dans les cinq ans de la réception provisoire d’un fonds de réserve.

10. Précision quant à la prise en charge du passif de l’association des copropriétaires (proportionnalité liée aux quotes-parts, donc nouvelle importance du rapport de quotité ou de la mise à jour des quotités dans les anciennes copropriétés).

11. Petites améliorations techniques dans l’organisation des AG.

12. Modification de certains quorums à la faveur d’un assouplissement ou d’une clarification :

a. Majorité de 2/3 pour travaux dans les communs, la modification des statuts ou la conclusion des contrats ;

b. Majorité absolue pour travaux imposés par la loi et des travaux conservatoires et d’administration provisoire ;

c. Expropriation privée : faculté de suppression de droits réels privatifs sur les parties communes, contre indemnisation ;

d. Division soumise à la majorité des 4/5 ;

e. Majorité de 4/5 également pour la démolition dictée par la salubrité, la sécurité ou un coût excessif ;

f.  Assouplissement de la règle d’unanimité, à la seconde ag (plus de quorum de présence).

14.  Améliorations techniques visant à prévenir les abus chez les syndics :

a.  Rémunération de la mission de syndic – distinction entre celles au forfait et les complémentaires qui doivent faire l’objet d’une décision distincte ;

b.  Clarification du régime d’incompatibilité par rapport au Conseil de copropriété et à la fonction de commissaire ;

c.   Incitation au prévisionnel dans les travaux importants.

15.  Traduction pratique de l’importance de l’organe qu’est le Conseil de copropriété :

a.  Obligatoire, si plus de 20 lots et facultatif, dans les autres cas ;

b.  Précision quant à son organisation.

16.  Commissaire aux comptes, consécration de la notion de collège et précision quant à sa mission.

17.  Précisions nombreuses à propos du contentieux de la copropriété.

18.  Création de l’institution de l’administrateur provisoire comme substitut aux organes de la copropriété, si l’équilibre financier de la copropriété est gravement compromis ou si l’association des copropriétaires est dans l’impossibilité d’assurer la conservation de l’immeuble ou sa conformité aux obligations légales.

19.  Précisions nombreuses quant à l’information en cas de mutation immobilière.

20.  Création d’un privilège immobilier « occulte » valable pour les charges de l’exercice en cours et l’exercice précédent. C’est une incitation puissante à l’action des syndics sur le plan du recouvrement.

21.  Entrée en vigueur au 1er janvier 2019 et régime transitoire détaillé.

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