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Gilles Carnoy, avocat à Bruxelles

La condition résolutoire (I)

La condition résolutoire de la vente d’immeuble est une modalité des obligations. On la définit comme un évènement futur et incertain, étranger aux obligations, et dont dépend la dissolution du contrat.

Cette figure est rare dans les ventes d’immeuble qui sont des transactions dont l’importance requiert la stabilité ; on ne conclut une telle transaction donc que définitivement, au moment où les circonstances le permettent.

On ne rencontre en réalité des conditions résolutoires que pour assurer l’efficacité d’un objectif de la vente : une vente sous la condition résolutoire de ce que l’acheteur n’affecte pas le bien à telle activité ou à la conclusion d’un leasing immobilier.

On rencontre aussi une condition résolutoire en matière familiale dans la figure du droit de retour conventionnel, comme dans la donation sous condition résolutoire de prédécès du donataire, d’apport en communauté ou d’affectation à un culte ou une secte.

La vente sous condition résolutoire présente tous les effets d’une vente définitive. Elle doit être authentifiée, enregistrée, transcrite et exécutée sans réserve. La propriété est transférée et le bien est aux risques de l’acheteur. Le seul pouvoir résiduaire du vendeur est celui de prendre des mesures conservatoires, comme assurer l’immeuble (art. 1180 C. civ.).

Comme la vente est complète, l’acheteur sous conditions résolutoire peut revendre le bien mais la revente sera précarisée par la condition, suivant l’adage nemo plus juris ad alium transferre potest, quam ipse habet. On trouve un exemple de ce principe dans l’article  74 de la loi hypothécaire qui dispose que « ceux qui n’ont sur l’immeuble qu’un droit suspendu par une condition ou résoluble dans certains cas, ou sujet à rescision, ne peuvent consentir qu’une hypothèque soumise aux mêmes conditions ou à la même rescision. » Cela provoque un effet d’inaliénabilité relative.

Enfin, comme déjà dit, la vente sous condition résolutoire doit être enregistrée au droit proportionnel et, ainsi qu’on le verra, les droits ne sont pas restituables lors de la réalisation de la condition.

Cela explique que, lorsqu’une condition extrinsèque doit encore affecter la vente, il n’est pas recommandé de conclure la transaction sous condition résolutoire. Il est préférable de convenir de promesses réciproques valables durant le temps que l’évènement peut prendre à survenir.

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Redevance « recognitive » d’emphytéose et TVA

Il est possible de constituer un droit d’emphytéose pour une valeur symbolique. En effet, la redevance doit être recognitive du droit de propriété du constituant ; elle n’est pas indemnitaire ni compensatoire. La redevance sert à établir que celui qui exerce toutes les prérogatives de la propriété n’est en fait pas le propriétaire puisqu’il paie son […]

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Il est possible de constituer un droit d’emphytéose pour une valeur symbolique.

En effet, la redevance doit être recognitive du droit de propriété du constituant ; elle n’est pas indemnitaire ni compensatoire.

La redevance sert à établir que celui qui exerce toutes les prérogatives de la propriété n’est en fait pas le propriétaire puisqu’il paie son droit au propriétaire.

Cela doit évidemment s’apprécier dans une perspective historique, le droit d’emphytéose est une ancienne institution.

Peut-on procéder de la sorte sur un bâtiment neuf, le droit étant constitué en régime TVA ?

Ceci ne pose pas de problème en matière de TVA.

L’article 36 du CTVA dispose que les opérations de cessions de bâtiments neufs doivent répondre à une « valeur normale ».

Est-ce que cela s’étend aux cessions ou constitutions de droits réels ?

Le Manuel TVA reprend au numéro 134 que :

« Si la disposition en cause [l’article 36] s’applique en cas de cession de la nue-propriété (v. décision E.T. 20.368 du 12.11.1975 – Revue de la TVA n° 24, pp. 76-77, n° 552), il n’en est pas de même en ce qui concerne les constitutions de droits réels autres que le droit de propriété ».

Donc, il n’est pas nécessaire de reprendre une valeur d’emphytéose « normale ».

Et la TVA peut donc, en toute légalité, trouver à s’appliquer sur la valeur symbolique qui sera définie.

Reste alors à examiner l’impact potentiel que cela aura en matière d’ATN si l’emphytéote est dirigeant ou d’avantager anormal ou bénévole si le droit à prix symbolique échoit à un tiers qui n’est pas taxable sur cet avantage.

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