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Gilles Carnoy, avocat à Bruxelles

Les actions propter rem, accessoires de la choses vendue

Les accessoires de la chose vendue suivent cette chose, et reviennent à l’acheteur en cas de vente (art. 1615 du Code civil).

Il s’agit des accessoires intiment liés à la chose, comme les actions en garantie par exemple.

Illustrons ces principes.

Un immeuble est loué par un indivisaire administrateur, sans l’accord de l’autre.

Le loyer est trop bas et, de surcroit, n’est jamais payé.

L’immeuble est vendu.

L’indivisaire abusé réclame l’indemnisation du son préjudice, soit sa part des loyers normaux dus avant la vente.

La Cour de cassation considère que la demande d’indemnisation d’un dommage subi par le vendeur avant la vente n’est pas propter rem.

Autrement dit, ce n’est pas une demande qui se trouve dans un tel rapport avec le bien que le vendeur ne la détient qu’aussi longtemps qu’il reste propriétaire.

Une action en dédommagement d’un dommage subi avant la vente n’est pas un accessoire de la chose vendu avec elle.

L’indivisaire qui réclamait réparation de son préjudice avait précisé qu’il limitait sa demande de nullité du bail à la période précédant la vente.

Le tribunal de Bruges l’avait débouté de sa demande de nullité du bail au motif de ce qu’il n’avait plus qualité, après avoir vendu, pour exercer cette action.

Cela ne fut pas critiqué par la Cour de cassation. Le demandeur n’était plus partie au bail dont il demandait l’annulation.

Pour la demande de paiement d’une indemnité de privation de jouissance, c’est différent.

Le tribunal de Bruges avait aussi débouté l’indivisaire de sa demande de dommage au motif de ce qu’il s’agissait là d’une réparation complémentaire, par restitution, après l’annulation du bail du bail postérieure à la vente.

Ce faisant, dit la Cour de cassation, le juge d’appel n’a pas justifié sa décision.

En effet, pour le dommage financier subi avant la vente, l’indivisaire gardait qualité à agir et limitait sa demande à la période antérieure à la vente.

Et il avait conservé cette action, portant sur la période antérieure à la vente, puisqu’elle n’est pas propter rem

Voyons les attendus dans la langue de l’arrêt :

“3. De appelrechters die oordelen dat de eiser “niet langer meer de vereiste hoedanigheid [heeft] om de vordering tot nietigverklaring te stellen” en op die gronden deze vordering van de eiser afwijzen, verantwoorden hun beslissing naar recht.

Het middel kan in zoverre niet worden aangenomen.4. De vordering tot het vergoeden van schade die de verkoper voor de verkoop heeft geleden, kan niet beschouwd worden als een vordering die in een zodanig verband staat tot het goed dat de verkoper dit recht enkel behoudt zolang hij eigenaar is, tenzij is bedongen dat die vordering aan de koper wordt overgedragen.

5. Uit de stukken waarop het Hof acht mag slaan, blijkt dat de eiser in zijn appelconclusie heeft gepreciseerd dat zijn vordering tot nietigverklaring van de huurovereenkomst enkel de periode betreft dat hij mede-eigenaar was en dus enkel de periode vóór de verkoop van de mede-eigendom en dat de schade waarvoor hij vergoeding vordert schade betreft die zich reeds vóór de verkoop had voorgedaan en die hij zelf als eigenaar had geleden, meer bepaald schade ten gevolge van de te lage huurprijs die ook nooit werd uitbetaald.

6. Door de vordering van de eiser tot vergoeding van schade die hij beweert te hebben geleden vóór de verkoop als ongegrond af te wijzen op grond dat die vordering strekt tot een bijkomend rechtsherstel na de nietigverklaring van de huurovereenkomst, verantwoorden de appelrechters hun beslissing niet naar recht.”

(Cass., 26 septembre 2019, rôle n° C.19.0086.N, www.juridat.be).

La photo : magnifique hôtel particulier de style Art nouveau à l’angle des rues de Livourne et de Florence, à Ixelles (Octave Van Rysselberghe, 1896-1898). Le mobilier et la décoration sont de l’architecte Henry Van de Velde. L’hôtel fut réalisé pour le financier Paul Otlet. Il a été classé en 1984. L’hôtel est édifié en pierre de Savonnières extraite en France, dans le département de la Meuse (Lorraine).

Rue de Florence 13

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Condition purement potestative de financement

L’article 1174 du Code civil dispose que « toute obligation est nulle lorsqu’elle a été contractée sous une condition potestative de la part de celui qui s’oblige ». La condition potestative s’entend en réalité de la condition purement potestative, c’est-à-dire celle dont la réalisation dépend exclusivement de la volonté de celui qui s’engage. Voici un exemple. Il […]

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L’article 1174 du Code civil dispose que « toute obligation est nulle lorsqu’elle a été contractée sous une condition potestative de la part de celui qui s’oblige ».

La condition potestative s’entend en réalité de la condition purement potestative, c’est-à-dire celle dont la réalisation dépend exclusivement de la volonté de celui qui s’engage.

Voici un exemple.

Il s’agit d’un projet foncier. L’option d’achat contient la clause suivante :

Au nom de la société A, Monsieur T pourra présenter une facture d’acompte de  200.000 € sur bénéfice à réaliser, à la société H, et ensuite le solde de 2.800.000 € lorsque le crédit de 10.000.000 € sera obtenu d’une institution financière.

La Cour d’appel d’Anvers voit dans cette condition de crédit un condition purement potestative puisque c’est la société H qui doit aller chercher le crédit.

Ce jugeant, les juges d’appel n’ont pas justifié leur décision en  droit, dit la Cour de cassation (5 décembre 2019, rôle n° C.19.0220.N, www.juridat.be).

C’est exact.

En effet, d’une part, il faut aussi l’accord de la banque pour que le crédit soit accordé, et donc la condition ne dépend pas seulement de la société débitrice.

Et, d’autre part, cette société s’engage à poursuivre l’obtention du crédit, c’est une obligation du contrat. Cela ne dépend de sa seule volonté.

C’est pour cette raison que dans les ventes d’immeuble, on considère que la condition suspensive de financement n’est pas purement potestative, mais pour autant qu’elle soit bien rédigée.

La condition suspensive « la vente est conclue sous la condition suspensive de ce que l’acheteur demande un crédit de … € » est nulle.

La condition suspensive « la vente est conclue sous la condition de ce que l’acheteur obtienne un crédit de … € d’au moins une banque … » n’est pas nulle.

L’arrêt dans sa langue :

“1. Krachtens artikel 1174 Burgerlijk Wetboek is iedere verbintenis nietig, wanneer zij is aangegaan onder een potestatieve voorwaarde aan de zijde van degene die zich verbindt.

Enkel de voorwaarde die uitsluitend afhangt van de wil van hem die zich verbindt, is nietig.

2. Uit de stukken waarop het Hof vermag acht te slaan, blijkt dat in de aankoopoptie van 8 oktober 2014 met betrekking tot een projectgrond werd bedongen: “T. V. d. P., zal namens vennootschap A-Plus een eerste factuur (als voorschot op de nog te realiseren winst) mogen aanbieden aan de vennootschap ‘Holidaystraat’ van 200.000 EUR + BTW en het saldo van 2.800.000 EUR, nadat voormeld krediet van 10.000.000 EUR werd bekomen bij een bankinstelling”.

3. De appelrechters die oordelen dat de vervulling van de voorwaarde “nadat voormeld krediet van 10.000.000 EUR werd bekomen bij een bankinstelling” uitsluitend afhangt van de wil van de partijen die zich verbonden hebben, en deze bijgevolg zuiver potestatief is en dus zonder gevolg dient te blijven, verantwoorden hun beslissing niet naar recht.”

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