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Gilles Carnoy, avocat à Bruxelles

Comment évaluer un droit d’emphytéose

Quelles sont les bonnes pratiques pour évaluer un droit d’emphytéose et, par différence avec la valeur de la pleine propriété, la valeur du tréfonds.

Introduction

Contrairement à ce qui concerne l’évaluation d’un usufruit, aucune méthode de valorisation n’est mise place par un texte de loi.

L’administration fiscale et, particulièrement, le Service des Décisions Anticipées (SDA) ne préconise pas davantage une méthode d’évaluation.

Enfin, le service sécurité juridique de l’Administration générale de la Documentation Patrimoniale de Namur ne préconise pas davantage une méthode d’évaluation : il m’a été dit que la tâche d’évaluation incombe aux notaires.

Aussi, en pratique, dans les demandes soumises au SDA, un rapport d’évaluation établi par un expert est systématiquement utilisé.

En dehors du rapport d’expertise, il faut s’en référer à la doctrine. Les praticiens sont en effet confrontés à la nécessité d’évaluer un droit d’emphytéose dans le cadre des successions.

Méthode d’évaluation

La méthode préconisée par la doctrine pour évaluer un droit d’emphytéose est la suivante (Culot, A., « Droits de succession et de mutation par décès – Taxe compensatoire des droits de succession », Rép. not., Tome XV, Droit fiscal, Livre 2/1, Bruxelles, Larcier, 2009, n° 623-1 ; I. Durant, Droit des biens, Bruxelles, Larcier, n° 500) :

  • Tout d’abord, il faut établir la différence entre la valeur locative annuelle normale du bien et la redevance annuelle à verser au tréfoncier (sauf si l’ensemble des redevances ont déjà été versées) ;
    • Si cette différence est négative, la valeur vénale du droit d’emphytéose est nulle ;
    • Si cette différence est positive, la valeur vénale du droit d’emphytéose est égale à la capitalisation de cette différence pour la durée restant à courir ;
  • Il faut éventuellement ajouter à cela la valeur des constructions érigées par l’emphytéote :
    • Si elles sont indemnisables par le tréfoncier, à cette valeur d’indemnisation ;
    • Si elles ne le sont pas, selon la méthode susdécrite.

La valeur du tréfonds est quant à elle égale à la différence entre la valeur de la pleine propriété et celle de l’emphytéose.

Il faut cependant augmenter la valeur du tréfonds de la plus-value latente sur les constructions érigées par l’emphytéose, à condition que :

  • L’éventuelle indemnisation due à l’emphytéote soit inférieure à la valeur vénale de ces constructions ; et que
  • L’emphytéote ait interdiction de détruire ce qu’il aurait bâti ou qu’il ait l’obligation de construire un ou des bâtiments.

En pratique, cette méthode de valorisation revient à appliquer la méthode de valorisation préconisée par le SDA en matière d’usufruit.

Cette méthode est la suivante :

Valeur de l’emphytéose = (VL/R) * (1-(1/(1+R))N

Où :

  • VL est la valeur locative annuelle nette (soit la valeur locative moins les redevances emphytéotiques et les charges) ;
  • R est le taux de rendement locatif ; R est obtenu en divisant VL (sans soustraction des redevances emphytéotiques) par la valeur de la pleine propriété ;
  • N est la durée (restante) du droit d’emphytéose.

Application l’espèce

Supposons que la redevance annuelle recognitive soit d’1 €. Il faudra soustraire de la valeur locative 1 € de redevance annuelle, les impôts et taxes grevant les immeubles et les coûts annuels d’entretien.

La durée N à prendre en considération est par exemple de 84 ans.

Dans la mesure où il n’y a pas d’obligation de construire, la valeur du tréfonds n’augmentera pas.

La valeur de l’emphytéose peut cependant augmenter en proportion de la valeur en pleine propriété des constructions.

L’immeuble a une valeur de pleine propriété de 1.000.000 € et, après charges, une valeur locative nette annuelle de 40.000 €.

La valeur de l’emphytéose sera égale à :

(40.000/0,04) * (1-(1/(1,04))84 = 962.914,90 €

La valeur du tréfonds est donc, par différence, de 37.085,10 €.

La photo : la Claire Maison avenue Brugmann 421 à Uccle (Maurice Houyoux, 1935). Bel immeuble moderniste avec fenêtres en bandeau.

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Nouveaux droits de rôle

La sage des droits de rôle se termine. La loi de réforme du 28 avril 2015 avait été annulée par l’arrêt n° 13/2017 du 9 février 2017 de la Cour constitutionnelle. Cette réforme fixait les droits en fonction du nombre de parties et de la valeur de la demande. L’arrêt maintenait les effets de la […]

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La sage des droits de rôle se termine.

La loi de réforme du 28 avril 2015 avait été annulée par l’arrêt n° 13/2017 du 9 février 2017 de la Cour constitutionnelle.

Cette réforme fixait les droits en fonction du nombre de parties et de la valeur de la demande.

L’arrêt maintenait les effets de la loi jusqu’au 31 août 2017.

Mais le 1er septembre 2017, rien n’est venu. On est alors revenu à la loi antérieure, à savoir la loi programme du 22 juin 2012.

Une loi correctrice est finalement intervenue le 14 octobre 2018. Elle est entrée en vigueur le 1er février 2019.

Le principe de faire varier les droits en fonction de l’enjeu disparaît.

La grande nouveauté est que le paiement des droits de rôle est différé au jugement.

C’est le juge qui condamnera la partie succombant au paiement, notamment, des droits de rôle.

Si chaque partie succombe sur un chef de demande, le juge arbitrera la débition des droits entre elles.

Le demandeur qui introduit sa demande ne devra donc plus préfinancer les droits, ce qui est un progrès.

Les nouveaux droits de rôle sont les suivants :

  • Justices de paix et tribunaux de police : 50 €.
  • Tribunaux de première instance et tribunaux de l’entreprise : 165 €.
  • Cours d’appel : 400 € (ça c’est malheureusement plus cher).
  • Cour de cassation : 650 €.
  • Procédure de réorganisation judiciaire : suppression du droit de 1.000 €.
  • Action « Livre XX » (faillite et PRJ) : exemption de droit de rôle.
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