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Gilles Carnoy, avocat à Bruxelles

Quand une personne âgée vend un immeuble

L’article 108 du Code des droits de succession établit la présomption de ce que les droits de succession sont, jusqu’à preuve contraire, suffisamment établie par les actes de propriété, passés par le défunt. Pour les biens meubles ayant été possédés par le défunt, cette présomption légale s’applique à la condition que les actes ne remontent pas à plus de trois ans avant le décès.

Selon cette disposition, l’administration fiscale peut donc présumer que des biens qui se trouvaient dans le patrimoine du défunt dans les trois ans qui ont précédé son décès, s’y trouvaient encore au jour de son décès. Il appartient alors aux héritiers d’apporter la preuve du contraire. Ils doivent démontrer que les biens ont fait l’objet d’un remploi ou qu’ils ont permis de supporter une charge ou une dépense.

C’est particulièrement important pour l’argent provenant d’une vente d’immeuble. Si le défunt a vendu un bien dans les trois ans précédant son décès, et si le prix ne se retrouve pas dans ses comptes, les héritiers seront taxés sur ce montant considéré comme partie de l’actif successoral.

Pour leur permettre de démontrer que les fonds ont été utilisés à des fins non taxables, il faut se ménager la preuve de l’usage des fonds, par exemple le rachat d’un bien déjà compris dans l’actif successoral, le paiement d’une dette, les dépenses d’entretien (ce qui est plus difficile à prouver). Les héritiers d’une personne âgée qui vend un immeuble y seront attentifs.

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Production de biens immatériels et production de services matériels

Il n’est pas toujours commode de définir correctement, sur le plan urbanistique, les activités auxquelles un immeuble est destiné. Un avis du Collège d’urbanisme (n° 16/2842 du 30 juin 2016) fait ainsi la différence entre l’activité de production de biens immatériels et l’activité de production de services matériels. Il s’agissait d’un data center (hébergement, traitement […]

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Il n’est pas toujours commode de définir correctement, sur le plan urbanistique, les activités auxquelles un immeuble est destiné.

Un avis du Collège d’urbanisme (n° 16/2842 du 30 juin 2016) fait ainsi la différence entre l’activité de production de biens immatériels et l’activité de production de services matériels.

Il s’agissait d’un data center (hébergement, traitement de données, stockage).

L’avis s’exprime comme suit :

« Considérant, en effet, que le glossaire du PRAS définit les activités de production de biens immatériels comme des « activités de conception et/ou de production de biens immatériels fondées sur un processus intellectuel ou de communication ou liées à la société de la connaissance (production de biens audiovisuels, de logiciels, studios d’enregistrement, formation professionnelle spécialisée, services pré-presse, call centers, …) ou encore relevant des technologies de l’environnement. » ;

Que les activités de production de services matériels sont, quant à elles, définies par le glossaire du PRAS comme des « activités de prestation de services ou liées à la prestation de services s’accompagnant du traitement d’un bien indépendamment de son processus de fabrication (ex. : transport de documents, entreposage de biens, services de nettoyage, de dépannage et d’entretien…) » ;

Considérant qu’il n’est pas contestable, ni contesté, que l’activité de la requérante consiste à fournir à ses clients un stockage sécurisé de leurs données ou d’héberger leur site WEB ; que cela apparait, au demeurant, des plans du permis ;

Qu’il s’agit d’une production de services et non de biens ; que la requérante ne produit en effet aucun bien, ceux-ci étant produits par ses clients (données et site web) auxquels la requérante fournit un service de stockage, soit de l’entreposage expressément repris dans le glossaire du PRAS comme une activité de production de services ; »

La différence est importante : en effet, pour une activité de production de services, aucune charge d’urbanisme ne peut être imposée selon l’article 5 de l’arrêté du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale du 26 septembre 2013 précité.

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