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Gilles Carnoy, avocat à Bruxelles

Multiplier les baux de courte durée

Selon l’article 3, § 6, de la loi du 20 février 1991, on peut conclure un bail de résidence de courte durée, c’est-à-dire de moins de trois ans. Ce bail, même à terme déterminé, prendra fin moyennant un congé avec préavis de trois mois. Peut-on multiplier les baux de courte durée ? Non, avec le même locataire, un tel bail ne peut être prorogé qu’une seule fois, par écrit et aux mêmes conditions de loyer, sans pouvoir excéder trois ans.  Si ces conditions ne sont pas respectées, le bail est réputé avoir été conclu pour une période de neuf ans à dater de l’entrée en vigueur du bail initial de courte durée. Ces règles sont bien connues.

Peut-on à présent multiplier les baux de courte durée avec des locataires différents. Oui, mais il faut alors respecter l’article 7, §1bis, de la loi, et cette disposition est moins connue. En ce cas, le loyer de base ne peut pas, pendant neuf années successives, être supérieur au loyer du début de cette période, indexé, sauf si la valeur locative du bien a augmenté. Et encore, il faut que la valeur locative ait augmenté de 10 % si c’est par des travaux ou 20 % si c’est le fait de circonstances nouvelles.

En d’autres termes, si on proroge un bail de courte durée avec le même locataire, une fois seulement, on doit appliquer le même loyer. Et si on multiplie les baux de courtes durées avec des locataires différents, on doit respecter le même niveau de loyer durant neuf ans.

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Redevance « recognitive » d’emphytéose et TVA

Il est possible de constituer un droit d’emphytéose pour une valeur symbolique. En effet, la redevance doit être recognitive du droit de propriété du constituant ; elle n’est pas indemnitaire ni compensatoire. La redevance sert à établir que celui qui exerce toutes les prérogatives de la propriété n’est en fait pas le propriétaire puisqu’il paie son […]

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Il est possible de constituer un droit d’emphytéose pour une valeur symbolique.

En effet, la redevance doit être recognitive du droit de propriété du constituant ; elle n’est pas indemnitaire ni compensatoire.

La redevance sert à établir que celui qui exerce toutes les prérogatives de la propriété n’est en fait pas le propriétaire puisqu’il paie son droit au propriétaire.

Cela doit évidemment s’apprécier dans une perspective historique, le droit d’emphytéose est une ancienne institution.

Peut-on procéder de la sorte sur un bâtiment neuf, le droit étant constitué en régime TVA ?

Ceci ne pose pas de problème en matière de TVA.

L’article 36 du CTVA dispose que les opérations de cessions de bâtiments neufs doivent répondre à une « valeur normale ».

Est-ce que cela s’étend aux cessions ou constitutions de droits réels ?

Le Manuel TVA reprend au numéro 134 que :

« Si la disposition en cause [l’article 36] s’applique en cas de cession de la nue-propriété (v. décision E.T. 20.368 du 12.11.1975 – Revue de la TVA n° 24, pp. 76-77, n° 552), il n’en est pas de même en ce qui concerne les constitutions de droits réels autres que le droit de propriété ».

Donc, il n’est pas nécessaire de reprendre une valeur d’emphytéose « normale ».

Et la TVA peut donc, en toute légalité, trouver à s’appliquer sur la valeur symbolique qui sera définie.

Reste alors à examiner l’impact potentiel que cela aura en matière d’ATN si l’emphytéote est dirigeant ou d’avantager anormal ou bénévole si le droit à prix symbolique échoit à un tiers qui n’est pas taxable sur cet avantage.

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