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Gilles Carnoy, avocat à Bruxelles

La nullité de la vente par défaut de bodemattest en Flandre (II)

Dans l’actu de hier, nous avons vu que l’acquéreur peut demander la nullité de la vente s’il ne reçoit pas l’attestation de sol (bodemattest) avant la vente et si le contenu de l’attestation n’est pas consigné dans l’acte authentique. Dans une affaire soumise à la Cour de cassation, la Cour d’appel d’Anvers a annulé une vente pour cette raison. Or l’attestation de sol communiquée tardivement révélait que le sol n’était pas pollué. L’acquéreur n’avait donc plus d’intérêt légitime à poursuivre la nullité de la vente.

Sa demande de nullité était-elle constitutive d’abus de droit ? La Cour de cassation relève que l’article 116 du décret sol flamand qui permet de demander la nullité de la vente lorsque l’attestation de sol n’a pas été  remise, n’a pas seulement pour but de protéger l’acquéreur d’un achat inconscient de terrains pollués, mais vise aussi à le protéger de tout dommage résultant d’une communication tardive. Dans ces conditions, dit la Cour de cassation, l’acquéreur ne commet aucun abus de droit en réclamant la nullité du contrat, même si l’attestation délivrée indique une absence de pollution (Cass., 24 juin 2010, rôle n° C.09.0065.N, www.juridat.be).

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Usucapion d’une servitude de surplomb pour des branches ?

L’article 37, alinéa 1er, du Code rural dispose que celui sur la propriété duquel avancent les branches des arbres du voisin peut contraindre celui-ci à couper ces branches. En vertu de l’alinéa 4 du même article, le droit de faire couper les branches est imprescriptible. Il résulte de ces dispositions, dit la Cour de cassation, […]

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L’article 37, alinéa 1er, du Code rural dispose que celui sur la propriété duquel avancent les branches des arbres du voisin peut contraindre celui-ci à couper ces branches.

En vertu de l’alinéa 4 du même article, le droit de faire couper les branches est imprescriptible.

Il résulte de ces dispositions, dit la Cour de cassation, que le droit de conserver des branches qui surplombent une propriété voisine ne peut s’acquérir par usucapion.

Le tribunal de première instance du Brabant wallon avait donc jugé à tort que le voisin avait acquis une servitude de surplomb pour ses branches débordant au-delà de la clôture.

Il est intéressant de relever que la Cour de cassation a étendu la cassation du jugement aux racines des mêmes arbres.

Le jugement cassé établissait en effet un lien entre les deux sujets.

Cass., 3 janvier 2020, rôle n° C.19.0171.F, www.juridiat.be.

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