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Gilles Carnoy, avocat à Bruxelles

Les avocats et la TVA

L’article 53 de la loi du 28 décembre 2011 supprime l’exonération de la TVA s’appliquant aux notaires et aux huissiers. Comme dans tous les autres Etats européens, leurs services sont dorénavant soumis à la taxe. Le 18 janvier 2012, deux notaires louvanistes ont déposé un recours en annulation devant la Cour constitutionnelle. Ils reprochent à la loi une rupture d’égalité en ce sens que les avocats restent exonérés. Selon le requérant, il n’existerait aucune justification raisonnable à cette différence de traitement. La Cour reconnaît qu’il Il appartient au législateur compétent de déterminer ou de supprimer les exemptions aux  impôts qu’il prévoit, le législateur disposant en la matière d’une marge d’appréciation étendue, tempérée pour la TVA par la réglementation européenne applicable. La Cour reconnaît aussi ne pouvoir sanctionner les choix politiques du législateur et les motifs qui les fondent que s’ils reposent sur une erreur manifeste ou s’ils sont manifestement déraisonnables. En l’espèce, ce n’est pas le cas, constate la Cour. Elle rejette donc le recours des notaires par arrêt n° 141/2012 du 14 novembre 2012 (www.court-const.be). Rappelons que fin 2012, les avocats ont à nouveau échappé à la TVA, cette mesure n’ayant pas été retenue pour boucler le budget 2013. Jusque quand cette exonération subsistera-t-elle ? L’O.B.F.G. y est rigoureusement opposée, au motif de ce que la taxe limitera l’accès à la justice pour les personnes démunies et non assujetties. Notons que la dérogation belge, obtenue à titre transitoire, coûte à la Belgique. En effet, en contrepartie, la Belgique doit verser une compensation au budget de l’Union qui subit une perte du fait de cette dérogation. Enfin, rappelons que le service d’un avocat belge presté en faveur d’un assujetti d’un autre Etat européen sera bien soumis à la taxe, mais  dans cet Etat. C’est le client assujetti de l’Etat tiers qui y déclarera et déduira la taxe.

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Catégorie: Brèves, TVA

Commentaires

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  1. Gilles Carnoy #

    Réponse du Ministre des finances, M. Vananckere, à une question parlementaire n° 409 du député Olivier Destrebecq (Questions et Réponses, Chambre 2011-2012, n° 72 du 30.05.2012, p. 36 et n° 84 du 09.10.2012, p. 71) :

    « Conformément à la directive TVA européenne, les États membres qui, au 1er janvier 1978, exonéraient une série d’opérations, parmi lesquelles les prestations des avocats, peuvent continuer à les exonérer, dans les conditions qui existaient dans chaque État membre concerné à cette date. Étant donné que la Belgique a fait usage de cette possibilité, il y a par conséquent bien une base légale européenne fermement établie pour maintenir cette exonération. Jusqu’à présent je n’ai ainsi reçu aucun avis émanant des institutions européennes concernant l’application de l’exonération pour les avocats. L’éventuelle suppression de l’exonération pour les avocats en matière de TVA est une décision qui doit être prise par le gouvernement fédéral dans son ensemble et cette question est revenue à l’ordre du jour du dernier conclave budgétaire. Dans ce cadre il n’a pas été décidé de changer le point de vue traditionnel. »

    novembre 28, 2012
  2. Marita #

    Bonjour maître!

    Tout d’abord bravo pour votre site, il est très utile et très intéressant!
    Ensuite, je me posais la question suivante: un avocat peut- il déduire son loyer et ses charges locatives à titre de frais professionnels, si il choisit une habitation proche de son lieu de travail?

    En vous remerciant d’avance,

    Cordialement,

    Maria.

    novembre 7, 2013

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Rupture des pourparlers d’acquisition d’un immeuble : préjudice de déconvenue

En France, la Cour de cassation reconnait le préjudice de déconvenue ou de déception par suite de la rupture brutale des négociations d’acquisition. Voici l’arrêt (Cass., fr., 3ième chambre civile, 18 octobre 2011, (https://www.legifrance.gouv.fr/) : « Attendu qu’ayant relevé que l’offre de M. et Mme X… avait été transmise par le notaire le 25 avril 2005 à […]

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En France, la Cour de cassation reconnait le préjudice de déconvenue ou de déception par suite de la rupture brutale des négociations d’acquisition.

Voici l’arrêt (Cass., fr., 3ième chambre civile, 18 octobre 2011, (https://www.legifrance.gouv.fr/) :

« Attendu qu’ayant relevé que l’offre de M. et Mme X… avait été transmise par le notaire le 25 avril 2005 à Mlle Y… qui avait souhaité faire insérer dans la promesse de vente quelques modifications dont elle avait communiqué la teneur par « mail », que le notaire lui avait adressé deux projets d’acte les 25 et 29 avril afin qu’il fût signé par tous les indivisaires, que les parties étaient convenues de la date à laquelle l’acte serait réitéré en la forme authentique, que le 29 avril Mlle Y… avait communiqué au notaire un projet d’acte complété et modifié qu’elle devait faire signer à ses coïndivisaires le « week-end » suivant, que le 4 mai elle avait rappelé au notaire qu’elle n’avait pas été fixée sur la réponse des vendeurs quant aux modifications apportées au projet et lui avait fait part que son père avait reçu une proposition d’achat pour un montant supérieur et que, le même jour, elle avait confirmé à une collaboratrice de l’étude notariale que l’indivision n’entendait pas donner suite à l’offre d’acquisition des époux X… et ayant constaté que la rupture était intervenue alors qu’un « compromis » avait été élaboré et soumis à sa signature, la cour d’appel, qui n’était pas tenue de procéder à une recherche que ses constatations rendaient inopérante, a légalement justifié sa décision en retenant que Mlle Y… avait rompu brutalement les pourparlers engagés ;

Sur le deuxième moyen, ci-après annexé :

Attendu qu’ayant constaté que la rupture abusive des pourparlers avait causé à M. et Mme X… un préjudice constitué par la déconvenue de ne pouvoir acquérir le bien qu’ils convoitaient, la cour d’appel a pu en déduire que ces derniers faisaient la preuve d’un préjudice indemnisable en relation avec la faute de Mlle Y… ; »

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