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Gilles Carnoy, avocat à Bruxelles

Contester les impôts locaux

La riante Commune de Merbes-le-Château a décidé de lever une taxe sur les antennes de GSM afin de flatter son budget.

Belgacom se sent visée et en prend ombrage. Belgacom décide de contester la taxe.

C’est une habitude que cette sympathique société publique a prise et qui ne lui réussit pas si mal.

L’affaire aboutit devant la Cour de cassation (arrêt du 21 février 2013, rôle n° C.12.0117.F, www.juridat.be).

Le puissant opérateur invoque la règle de l’égalité des Belges devant la loi (art. 10 et 11 de la Constitution) et devant l’impôt (art. 172).

Cette règle veut que tous ceux qui se trouvent dans la même situation soient traités de la même manière.

Une distinction peut cependant être faite entre différentes catégories de personnes pour autant qu’elle sa base sur un critère susceptible de justification objective et raisonnable.

Il n’est certes pas requis que cette justification ressorte du règlement attaqué.

Mais l’objectif du taxateur pouvant raisonnablement justifier la différence de traitement (taxer les exploitants d’antennes GSM plutôt que d’autres exploitants) doit apparaître du dossier administratif.

La Commune de Merbes-le-Château avait simplement justifié son règlement taxe par sa situation financière.

C’était certainement une bonne raison. Mais pourquoi taxer les exploitants d’antenne GSM plutôt que d’autres ?

La seule situation financière de la Commune ne justifie pas qu’elle ait choisi les exploitants d’antenne GSM pour contribuer à son financement.

Belgacom en inférait que le règlement n’était pas motivé et qu’il devait partant être écarté.

Qu’en pense la Cour de cassation ?

Elle constate que la Cour d’appel de Mons n’avait pu relever aucun motif, ni dans les règlements-taxes ni dans le dossier administratif préalable, justifiant que l’opérateur du réseau GSM soit mis à contribution.

Il n’était pas fait état de la capacité contributive élevée de l’opérateur, par exemple, ni de considération environnementales.

Faute de connaître la justification (autre que purement financière) de l’auteur des règlements-taxes, la Cour d’appel s’était dite « dans l’impossibilité de vérifier si la différenciation faite repose sur un critère susceptible de justification objective et raisonnable ».

La Cour d’appel en avait déduit qu’il convenait, dès lors, de refuser l’application des règlements litigieux sur base de l’article 159 de la Constitution.

En jugeant de la sorte, constate la Cour de cassation, les juges d’appel ont légalement justifié leur décision.

Moralité : pour justifier qu’une catégorie de contribuables soit mise à contribution, il ne suffit pas d’invoquer une nécessité financière.

Il faut aussi, pour respecter le principe d’égalité devant l’impôt, justifier pourquoi telle catégorie est choisie.

Cela paraît évident mais de nombreux règlements font encore l’impasse sur cette exigence.

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Rupture des pourparlers d’acquisition d’un immeuble : préjudice de déconvenue

En France, la Cour de cassation reconnait le préjudice de déconvenue ou de déception par suite de la rupture brutale des négociations d’acquisition. Voici l’arrêt (Cass., fr., 3ième chambre civile, 18 octobre 2011, (https://www.legifrance.gouv.fr/) : « Attendu qu’ayant relevé que l’offre de M. et Mme X… avait été transmise par le notaire le 25 avril 2005 à […]

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En France, la Cour de cassation reconnait le préjudice de déconvenue ou de déception par suite de la rupture brutale des négociations d’acquisition.

Voici l’arrêt (Cass., fr., 3ième chambre civile, 18 octobre 2011, (https://www.legifrance.gouv.fr/) :

« Attendu qu’ayant relevé que l’offre de M. et Mme X… avait été transmise par le notaire le 25 avril 2005 à Mlle Y… qui avait souhaité faire insérer dans la promesse de vente quelques modifications dont elle avait communiqué la teneur par « mail », que le notaire lui avait adressé deux projets d’acte les 25 et 29 avril afin qu’il fût signé par tous les indivisaires, que les parties étaient convenues de la date à laquelle l’acte serait réitéré en la forme authentique, que le 29 avril Mlle Y… avait communiqué au notaire un projet d’acte complété et modifié qu’elle devait faire signer à ses coïndivisaires le « week-end » suivant, que le 4 mai elle avait rappelé au notaire qu’elle n’avait pas été fixée sur la réponse des vendeurs quant aux modifications apportées au projet et lui avait fait part que son père avait reçu une proposition d’achat pour un montant supérieur et que, le même jour, elle avait confirmé à une collaboratrice de l’étude notariale que l’indivision n’entendait pas donner suite à l’offre d’acquisition des époux X… et ayant constaté que la rupture était intervenue alors qu’un « compromis » avait été élaboré et soumis à sa signature, la cour d’appel, qui n’était pas tenue de procéder à une recherche que ses constatations rendaient inopérante, a légalement justifié sa décision en retenant que Mlle Y… avait rompu brutalement les pourparlers engagés ;

Sur le deuxième moyen, ci-après annexé :

Attendu qu’ayant constaté que la rupture abusive des pourparlers avait causé à M. et Mme X… un préjudice constitué par la déconvenue de ne pouvoir acquérir le bien qu’ils convoitaient, la cour d’appel a pu en déduire que ces derniers faisaient la preuve d’un préjudice indemnisable en relation avec la faute de Mlle Y… ; »

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