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Carnoy & Associés, avocats à Bruxelles

Option TVA sur les loyers – exercice du droit à déduction et autoliquidation

Le 21 mars 2019, l’administration a publié une circulaire 2019/C/25 contenant un FAQ qui précise notamment à partir de quand peut être exercé le droit à déduction de la TVA due sur les travaux concourant à l’érection d’un bâtiment destiné à être loué avec application de la TVA.

La circulaire précise tout d’abord que ne sont visés par l’option d’assujettissement à la TVA que les bâtiments pour lesquels la TVA grevant les travaux immobiliers matériels relatifs aux bâtiments mêmes, qui concourent spécifiquement à leur construction ou, par extension, à leur rénovation radicale ou importante et facturés au maître d’ouvrage, est exigible pour la première fois au plus tôt le 1er octobre 2018.

Elle rappelle ensuite que, dès lors que cette condition est remplie, l’exercice du droit à déduction n’est ouvert qu’à compter du 1er janvier 2019.

La circulaire pose alors que la TVA relative aux travaux de construction ou rénovation radicale (entrepris à partir du 1er octobre 2018) ainsi que la TVA relative aux prestations de nature intellectuelle (architecte, stabilité…), d’assainissement (sol) et de démolition peut être déduite dans la première déclaration, mensuelle ou trimestrielle, de l’année 2019.

En pratique, la TVA relative à ces travaux ou prestations pourra donc être déduite dans la déclaration trimestrielle à rentrer pour le 23 avril 2019 au plus tard.

La TVA relative à ces prestations, même effectuées des années auparavant, est déductible selon la circulaire.

Cette réponse entraîne également les considérations suivantes.

Premièrement, l’assujetti – par hypothèse exempté – peut d’ores et déjà opérer une déduction de la TVA relative aux travaux de construction.

En effet, l’administration confirme qu’il n’est pas nécessaire d’avoir débuté la location avec TVA pour exercer son droit à déduction. L’intention de louer avec TVA, d’exercer une activité assujettie ouvrant le droit à déduction, suffit donc.

Ceci est conforme à l’arrêt Inzo (CJUE, 29 février 1996, C-110/94) selon lequel l’assujetti possède un droit à déduction dès qu’il manifeste l’intention de poser des opérations taxées. Le Manuel TVA (n°83) reprend également cet enseignement.

La possibilité, pour un assujetti exempté, de récupérer la TVA historique repose sur l’article 21bis de l’AR/TVA n°3.

Deuxièmement, le non-assujetti qui souhaite louer avec TVA et, partant, déduire la TVA grevant les frais de construction doit au plus vite entamer les démarches nécessaires afin d’obtenir un numéro de TVA.

En effet, le droit à déduction n’est ouvert qu’aux assujettis.

Dans un arrêt du 2 juin 2005 (C-378/02, Waterschap Zeeuws Vlaanderen), la CJUE a confirmé que dès lors qu’un bien est acquis en qualité de non assujetti, même s’il est ensuite utilisé afin de poser des opérations taxées, la TVA payée en amont n’est pas déductible.

Autrement dit, les non-assujettis qui sont en train d’ériger un bâtiment neuf et qui ont déjà payés de la TVA aux prestataires ne pourront déduire cette TVA.

Ils ne pourront que déduire la TVA sur les prestations à venir, à compter de l’acquisition de la qualité d’assujetti.

Troisièmement, l’assujetti qui a manifesté son intention de louer un bâtiment avec TVA et qui peut donc déduire la TVA doit rentrer des déclarations périodiques.

A ce titre, il peut également autoliquider la TVA (art. 20 AT/TVA n°1) et ainsi éviter son préfinancement.

La photo : une façade moderniste à Saint-Gilles (Bruxelles), rue de Bordeaux 41 (F. Vervalcke et A. Marit, 1936).

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Il ne suffit pas d’être vendeur professionnel

La Cour de cassation l’a clairement rappelé dans son arrêt du 7 avril 2017: c’est seulement le vendeur fabricant ou spécialisé qui ne peut s’exonérer de la garantie de vice caché. Il a l’obligation de délivrer une chose sans vice et à cet effet, il doit déployer toutes les mesures pour détecter les vices possibles. […]

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La Cour de cassation l’a clairement rappelé dans son arrêt du 7 avril 2017: c’est seulement le vendeur fabricant ou spécialisé qui ne peut s’exonérer de la garantie de vice caché.

Il a l’obligation de délivrer une chose sans vice et à cet effet, il doit déployer toutes les mesures pour détecter les vices possibles.

Il doit les garantir sauf à démonter que le vice était impossible à déceler, et c’est une obligation de résultat.

Mais ce régime ne pèse pas sur tout vendeur professionnel, comme on le disait auparavant mais seulement sur le vendeur fabriquant ou spécialisé.

Et ce, qu’il soit professionnel ou non, précise la Cour de cassation : « deze resultaatsverbintenis rust niet op elke professionele verkoper, maar op de fabrikant en op de gespecialiseerde verkoper ongeacht of deze laatste een professionele verkoper is. »

Il s’agissait de Sunclass, un développeur de parc de vacances et de Recreabouw, un vendeur de bungalows.

À l’occasion de la commercialisation des bungalows, la Cour d’appel d’Anvers juge que ces entreprises ne peuvent s’exonérer contractuellement de la garantie des vices cachés car elles sont des vendeurs professionnels.

Cette décision est cassée par la Cour de cassation (15 janvier 2021, rôle n° C.20.0241.N, www.juportal.be).

La Cour d’appel d’Anvers avait relevé l’activité des sociétés en question ; l’une est un développeur de site de vacances et l’autre un vendeur de bungalow, ce qui en fait des vendeurs professionnels.

Certes, assurément, mais le juge d’appel n’avait pas constaté que les sociétés en question sont aussi des fabricants ou des entreprises spécialisés.

Et c’est cela le seul et véritable critère. Il ne suffit pas d’être vendeur professionnel.

Dans la langue de l’arrêt : “Door aldus te oordelen, zonder na te gaan of en vast te stellen dat de eiseressen kunnen worden beschouwd als gespecialiseerde verkopers, verantwoordt de appelrechter zijn beslissing niet naar recht.”

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