Skip to content

Gilles Carnoy logo Carnet de route en Droit Immobilier

Gilles Carnoy, avocat à Bruxelles

Puis-je abattre un arbre sans autorisation urbanistique ?

Pour répondre à cette question, il faut tout d’abord vérifier :

  1. Dans quelle Région l’immeuble est-il situé (nous retiendrons qu’il est situé en Région de Bruxelles-Capitale,
  2. L’immeuble ne fait pas l’objet d’une mesure de classement ou d’inscription à la liste de sauvegarde,
  3. Le site n’est pas couvert par un permis de lotir,
  4. L’arbre n’est pas mort sur pied, auquel cas il peut être abattu.

L’article 98, § 1er, CoBAT dispose que « nul ne peut, sans un permis préalable, écrit et exprès du collège des bourgmestre et échevins : (…)  8° abattre des arbres à haute tige ; »

Toutefois, l’article 98, § 2, ajoute que « le Gouvernement peut arrêter la liste des travaux et actes qui, en raison de leur minime importance, ne requièrent pas un permis. Cette liste n’est pas applicable aux actes et travaux qui portent sur un bien inscrit sur la liste de sauvegarde ou classé ou en cours d’inscription ou de classement. »

À cet effet, le Gouvernement a adopté un arrêté du 13 novembre 2008 déterminant les actes et travaux dispensés de permis d’urbanisme.

L’article 1ier, 10°, de l’arrêté définit ce qu’est un arbre à haute tige :

« Arbre dont le tronc mesure au moins 40 cm de circonférence à 1,50 m du sol et qui atteint au moins 4,00 m de hauteur ».

Le chapitre X porte sur l’aménagements de jardins et l’abattage d’arbres. L’article 32 dispose que :

« Pour autant qu’ils n’impliquent aucune dérogation à un plan d’affectation du sol, à un règlement d’urbanisme ou à un permis de lotir, les actes et travaux suivants sont dispensés de permis d’urbanisme :

1° l’abattage d’arbres à haute tige et les actes et travaux conformes à la mise en application d’un plan de gestion ou d’un règlement de gestion adoptés en exécution de l’ordonnance du 27 avril 1995 relative à la sauvegarde et à la protection de la nature ou en application du Code forestier ; »

Si donc le site concerné n’est pas dans le périmètre d’un plan de gestion, il faut que l’abattage soit couvert par un permis d’urbanisme.

On vérifiera aussi s’il existe dans la Commune concernée un règlement d’urbanisme (RCU).

Mais il faut encore que l’arbre soit à haute tige.

Comme exposé plus haut, il y a deux critères : que l’arbre développe une hauteur de 4 m et que la circonférence du tronc, ou des éléments composant le tronc à 1,5 m du sol, atteigne 40 cm.

La photo : une nouvelle et intéressante façade à Boitsfort, le projet Twice de Eagle Stone. Des bureaux appartenant à JP Morgan ont été reconvertis en 81 appartements (architecte Axent). C’est évidemment ce qu’il faut faire de ces bureaux décentrés dans les Communes résidentielles, qui ne se louent pas et qui vieillissent.

Commentaires

facebook comments:

Un commentaire Poster un commentaire
  1. verdin regine #

    bonjour, nous avions au fond de notre jardin une vingtaine de saules que nous avions plantes il y a 12 ans. Il y a 10 ans, nous les avions taille pour qu ils se ramifient, ce qui nous protegeait du vis a vis.Ils faisaient l ete passe entre 5 et 8 metres de haut. Dernierement, la commune a commence des travaux non loin de chez nous et, a demande a la societe de travaux de nettoyer le fosse juste derriere les saules. Par la meme occasion, ils ont coupes tous ces  » arbres » et, la seule solution que l on nous impose, meme pas propose, c est de nous en remettre a hauteur de 2 metres et que nous devons attendre a nouveau que ca pousse. Que pouvons nous faire? Merci bcp pour votre aide.

    avril 12, 2018

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Le mandataire achète lui-même l’immeuble

Une société exerce l’activité d’agent immobilier. Elle reçoit une mission immobilière pour un immeuble. Cette mission est couplée à un mandat de vente. La société agent immobilier signe un compromis avec une société. Les deux sociétés ont le même gérant. Le propriétaire veut échapper à cette vente ; il invoque l’article 1596 du Code civil qui […]

Lire plus arrow_forward

Une société exerce l’activité d’agent immobilier. Elle reçoit une mission immobilière pour un immeuble. Cette mission est couplée à un mandat de vente.

La société agent immobilier signe un compromis avec une société. Les deux sociétés ont le même gérant.

Le propriétaire veut échapper à cette vente ; il invoque l’article 1596 du Code civil qui pose la nullité de la vente par la mandataire à lui-même.

La Cour d’appel  le déboute, retenant que « le mandataire n’est pas l’acquéreur du bien mais que cet acquéreur est la société A, personne morale différente de la première même si elles ont toutes les deux le même dirigeant ; »

La Cour de cassation française, sur le visa de l’article 1596 du Code civil (même principe en Belgique), casse l’arrêt :

« Qu’en statuant ainsi, sans rechercher si la société Immo D, mandataire, dont elle relevait qu’elle avait le même gérant et le même siège social que la société A, ne s’était pas portée acquéreur, par personne morale interposée, du bien qu’elle était chargée de vendre, la cour d’appel n’a pas donné de base légale à sa décision ; »  (Cass., fr., 2 juillet 2008, www.legisfrance.fgouv.com).

L’article 1596 (belge) du Code civil dispose que « ne peuvent se rendre adjudicataires, sous peine de nullité, ni par eux-mêmes, ni par personnes interposées (…) les mandataires, des biens qu’ils sont chargés de vendre ; » 

Le juge ne peut se contenter de constater qu’il s’agit de personnes morales différentes, l’une pouvant agir pour l’autre lorsque les intérêts se confondent.

  • Sitothèque

  • close