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Gilles Carnoy, avocat à Bruxelles

Demander une attestation du sol avant de vendre un immeuble

Une attestation du sol doit être demandée en prévision de la vente d’un immeuble en Région de Bruxelles-Capitale.

Le vendeur doit la transmettre au candidat acheteur avant le compromis et même avant l’offre d’achat (art. 12 de l’ordonnance du 5 mars 2009)

Du reste, l’offre, ou le compromis s’il est directement conclu, doit mentionner la déclaration de l’acheteur qu’il a été informé du contenu de l’attestation du sol et la déclaration du vendeur qu’il ne détient pas d’information supplémentaire susceptible de modifier le contenu de l’attestation du sol.

C’est très contraignant et cela provoque des délais rarement compatibles avec le rythme d’une vente immobilière.

C’est pourquoi, l’article 12 prévoit que la convention ou l’offre d’achat peuvent être assorties d’une condition suspensive relative à la transmission de l’attestation du sol.

Mais il faudra bien lever et communiquer l’attestation du sol pour faire prospérer la vente.

A défaut de respecter ces formalités, outre les amendes, l’acheteur pourra poursuivre la nullité de la vente. Et la vente ne sera pas opposable à l’IBGE (art. 76. § 1er).

Si l’attestation ne révèle pas de pollution ou de suspicion de pollution, la vente peut intervenir et la dynamique de vente peut se poursuivre.

En revanche, si l’attestation du sol révèle une suspicion de pollution (parcelle figurant en catégorie 0), le vendeur doit faire réaliser une étude de reconnaissance de l’état du sol par un bureau d’étude agréé.

Et si la RES, approuvée par l’IBGE, préconise des mesures d’assainissement, il faudra y procéder avant la vente (sauf accord entre les parties quant à la réalisation, le financement et les garanties financières, le tout sous l’approbation de l’IBGE).

Comme on le voit, la délivrance d’une attestation du sol est une étape essentielle en vue de la mise en vente d’un immeuble.

Il faut donc se demander comment procéder pour se voir délivrer ce précieux document.

Les demandes d’attestation du sol sont réglementées par l’arrêté du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale du 24 septembre 2010.

Voici l’essentiel de ce qu’il faut en savoir.

Forme :

Par lettre recommandée à l’IBGE, Département Inventaire sols, Gulledelle 100 à 1200 Bruxelles, au moyen du formulaire suivant : Formulaire de demande d’attestation du sol

Des annexes doivent être jointes à peine d’irrecevabilité.

Il faut joindre la preuve de paiement des frais (voir plus loin).

Il faut aussi joindre :

  • Un extrait cadastral de chaque parcelle ou, à défaut, la section ou la division cadastrale.
  • Sinon un plan reprenant la localisation, les contours et éventuellement un identifiant de la parcelle.
  • A défaut de référence cadastrale, il faut donner toutes les in formations permettant à l’IBGE de déterminer la zone.

L’extrait cadastral peut être demandé à la Direction générale du cadastre, service « extraits » rue J. Stevens 7 à 1000 Bruxelles

Par voie électronique (demandez à votre notaire qui dispose d’une liaison avec l’IBGE), au moyen d’un formulaire électronique mis à disposition par l’IBGE.

Coût :

Le coût est de 30 € par demande et par parcelle.

Délai :

L’attestation est délivrée dans les 20 jours de la réception de la demande, par courrier recommandé ou électroniquement.

L’Institut délivre une attestation du sol pour chaque parcelle.

Durée de validité de l’attestation :

Cela dépend de la catégorie dans laquelle se trouve la parcelle (art. 3, 15°).

  • Catégorie 0 : parcelles potentiellement polluées, existence d’une présomption de pollution du sol, parcelles sur lesquelles s’exerce une activité à risque.
  • Catégorie 1 : parcelles respectant les normes d’assainissement.
  • Catégorie 2 : parcelles respectant les normes d’intervention, mais pas les normes d’assainissement.
  • Catégorie 3 : parcelles ne respectant pas les normes d’intervention et pour lesquelles les risques sont ou ont été rendus tolérables.
  • Catégorie 4 : parcelles ne respectant pas les normes d’intervention et à traiter ou en cours de traitement (étude, en cours de travaux d’assainissement ou de mise en œuvre de mesures de gestion du risque).

Quelle est la durée de validité par catégorie ?

  • Catégories 1 et 2 : durée illimitée.
  • Catégorie 3 : 1 an.
  • Catégorie 4 : 6 mois maximum.
  • Catégorie 0 : 6 mois si la parcelle n’a jamais fait l’objet d’une reconnaissance de l’état du sol.
  • Catégorie 0 se superposant aux catégories 1, 2, 3, ou 4 : 6 mois maximum. Parcelle non reprise à l’inventaire de l’état du sol : 6 mois maximum.

Expiration de l’attestation du sol :

L’attestation du sol perd toute valeur lorsqu’intervient l’un de ces évènements :

  • Exploitation d’une autre activité à risque.
  • Cessation d’une activité à risque.
  • Cession de permis d’environnement relatif à une activité à risque.
  • Découverte de pollutions du sol pendant des travaux d’excavation.
  • Événement autre que les activités à risque motivant une présomption de pollution ou engendrant une pollution du sol.
  • Notification de déclarations de conformité, de déclarations finales ou imposition de mesures de sécurité.
  • Non respect des conditions figurant dans les déclarations de conformité ou les évaluations finales.
  • Modification des données administratives d’identification de la parcelle.

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Condition suspensive

Une condition suspensive est généralement stipulée en faveur d’une partie. Cette partie peut alors renoncer à se prévaloir de la condition pour tenir la convention pour définitive « Mais attendu qu’ayant, par motifs propres et adoptés, souverainement retenu que la condition de contrôle de la situation d’urbanisme n’intéressait que l’acquéreur qui pouvait seul renoncer à se […]

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Une condition suspensive est généralement stipulée en faveur d’une partie. Cette partie peut alors renoncer à se prévaloir de la condition pour tenir la convention pour définitive

« Mais attendu qu’ayant, par motifs propres et adoptés, souverainement retenu que la condition de contrôle de la situation d’urbanisme n’intéressait que l’acquéreur qui pouvait seul renoncer à se prévaloir de l’absence de réalisation de cette condition suspensive, que celle relative à la purge de tous droits de préemption ou de préférence intéressait les deux parties, que sa réalisation dépendait de la bonne volonté du vendeur qui, en présentant la déclaration d’intention d’aliéner postérieurement à la date fixée du 15 janvier 2009, avait manifesté expressément sa volonté de ne pas se prévaloir de la caducité du fait du dépassement du terme et que les conditions suspensives avaient été réalisées, la cour d’appel, qui n’était pas tenue de procéder à des recherches qui ne lui étaient pas demandées, en a déduit, à bon droit, que le « compromis » de vente n’était pas caduc lors de la demande en réitération de la vente par acte authentique ; » (Cass., fr., 3ième chambre, 12 novembre 215, www.legifrance.com).

Si une partie peut renoncer à la condition suspensive stipulée dans son intérêt, la renonciation doit cependant intervenir dans le délai fixé pour sa réalisation :

« Attendu que pour rejeter la demande de caducité et constater le transfert de propriété au profit de la société Factory l’arrêt retient que la clause suspensive relative à l’obtention des permis n’a été prévue que dans l’intérêt de l’acquéreur puisque lui seul pouvait y renoncer, qu’aucun formalisme n’était envisagé pour cette renonciation, et que si l’acte devait être réitéré au plus tard le 31 décembre 2004, cette date n’était pas extinctive mais avait pour effet d’ouvrir une période pendant laquelle chacune des parties pouvait sommer l’autre de s’exécuter ; qu’il incombait aux consorts X…, avant de prendre d’autres engagements, de mettre en demeure la société Factory de prendre position et de lui préciser si elle renonçait ou non au bénéfice de la condition suspensive relative à l’obtention des permis, ce qu’ils n’ont pas fait ;

Qu’en statuant ainsi, alors que dès lors que la date du 31 décembre 2004 constituait le point de départ de l’exécution forcée du contrat, la renonciation de l’acquéreur au bénéfice des conditions suspensives devait intervenir avant cette date, la cour d’appel a violé le texte susvisé ; » (Cass., fr., 3ième chambre, 17 décembre 2008).

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