Skip to content

Gilles Carnoy logo Carnet de route en Droit Immobilier

Gilles Carnoy, avocat à Bruxelles

Les City Taxes communales deviennent une taxe régionale sur les établissements d’hébergement touristique

Introduction

Chaque Commune avait sa city taxe (taxe sur les établissements d’hébergement, sur les chambres meublées, etc.).

Cela rendait le marché bruxellois peu homogène et les Communes n’étaient pas armées pour efficacement établir ces taxes soumises à déclaration.

Le législateur régional a donc décidé d’intervenir en adoptant l’ordonnance du 23 décembre 2016 de la Région de Bruxelles-Capitale.

Cette ordonnance crée une taxe régionale sur les établissements d’hébergement touristique.

Cette taxe intervient après que le législateur ait réglementé l’activité d’hébergement touristique par son ordonnance du 8 mai 2014 relative à l’hébergement touristique.

Il ne faut pas être abusé par le terme « touristique ». Il ne s’agit pas seulement des vacanciers.

Comme dans l’ordonnance hébergement, le touriste est « toute personne qui, dans le cadre de ses activités privées ou professionnelles, séjourne au moins une nuit dans un milieu autre que son environnement habituel sans y établir sa résidence et pour autant qu’il n’ait pas l’intention d’y rester pour une durée continue de plus de 90 jours au moment de son arrivée. »

L’ordonnance taxe a été publiée au Moniteur Belge du 6 janvier 2017 ; elle est entrée en vigueur à la même date.

La taxe

La taxe est due à partir de l’exercice d’imposition 2017.

La taxe s’élève à 0,0892 € par unité d’hébergement occupée par des touristes et par nuitées passées.

Pour l’hébergement à domicile, la taxe est de 0,0669 € par unité d’hébergement et par nuitées.

Mais ce n’est pas tout car les Communes peuvent établir des centimes additionnels à la taxe sur l’hébergement touristique.

C’est l’administration fiscale régionale qui assurera gratuitement le service de cette taxe pour les Communes qui en font la demande.

La taxation des nuitées a donc été régionalisée mais les Communes s’y retrouvent par voie d’additionnels.

Bailleurs, attention !

La taxe est due par l’exploitant de l’établissement d’hébergement touristique.

Si l’exploitant est insolvable, le propriétaire de l’immeuble est tenu au paiement « pour autant qu’il existe un faisceau d’indices, qui fait raisonnablement présumer qu’il y a collusion entre le propriétaire et l’exploitant. »

Cela pourra être le cas lorsque le propriétaire fait exploiter à profit commun par un tiers qu’il sait insolvable.

De même, si l’exploitant est inconnu, la taxe peut être enrôlée au nom du propriétaire, cette fois sans condition de collusion.

AirBnB doit collaborer ; Booking.com aussi

Il existe un devoir d’information à charge de ceux qui « se posent en intermédiaire ou qui mènent une politique de promotion ».

Ils doivent communiquer aux services de la Région les données de l’exploitant et les coordonnées des établissements d’hébergement touristique, ainsi que le nombre de nuitées et d’unités d’hébergement exploitées durant l’année écoulée, aux fonctionnaires désignés par le gouvernement.

Une amende administrative de 10.000 € peut être infligée à l’intermédiaire qui ne satisfait pas à cette obligation.

Nul doute que AirBnB et consorts apprécieront cette collaboration forcée.

Procédure

L’ouverture d’un établissement est soumise à une notification obligatoire.

La taxe est enrôlée par exercice d’imposition. Un exercice d’imposition court du 1er janvier au 31 décembre.

Le montant de la taxe due par exercice d’imposition, majoré des centimes additionnels, mais elle fait l’objet de demande de paiement mensuelle.

L’administration fiscale régionale met à la disposition des redevables un formulaire de déclaration mensuelle.

Les redevables renvoient chaque mois à l’administration le formulaire de déclaration complété et signé électroniquement.

Sur base des déclarations mensuelles, l’administration effectue des demandes de paiement anticipé à la personne qui a introduit la déclaration mensuelle.

Le paiement doit intervenir dans les 62 jours du jour où le déclarant a eu connaissance de la demande de paiement ; à défaut, la taxe non payée est majorée de 2 %.

Il existe une exonération pour le tourisme social et pour les groupes scolaires.

Une taxation d’office est appliquée au redevable défaillant.

Cette taxation d’office est établie « sur la base de la présomption réfragable (heureusement !) que toutes les unités d’hébergement dont dispose l’établissement d’hébergement touristique concerné ont effectivement été occupées par des touristes pendant toutes les nuitées de la période pour laquelle la taxation d’office est faite. »

Répression

L’ordonnance taxe complète celle du 21 décembre 2012 établissant la procédure fiscale en Région de Bruxelles-Capitale.

Des amendes administratives sont prévues en cas d’infraction commise avec une intention frauduleuse ou à dessein de nuire.

L’amende est doublée à la deuxième infraction et quadruplée à la troisième.

Si l’ordonnance entre en vigueur le 6 janvier 2017, un délai est apporté à la mise en œuvre des dispositions répressives.

L’ordonnance ne sera appliquée que pour les infractions commises après le 1er février 2017.

La photo : un nouveau bâtiment assez réussi apparu rue Bélliard

Commentaires

facebook comments:

Pas encore de commentaire

Laisser un commentaire

Trouble de voisinage et intrusion

Le voisin est vraiment sans gêne : il se permet de garer des véhicules sur l’aire de parking de ma propriété, sans mon autorisation et durant de longues périodes. Las de cette situation, j’agis en compensation du trouble de voisinage. Le tribunal de première instance de Flandre occidentale, section Bruges, me donne gain de cause.  Son […]

Lire plus arrow_forward

Le voisin est vraiment sans gêne : il se permet de garer des véhicules sur l’aire de parking de ma propriété, sans mon autorisation et durant de longues périodes.

Las de cette situation, j’agis en compensation du trouble de voisinage.

Le tribunal de première instance de Flandre occidentale, section Bruges, me donne gain de cause.  Son jugement va cependant être cassé par la Cour de cassation.

L’action pour troubles de voisinage fondée sur l’article 544 du Code civil implique une rupture d’équilibre entre les droits de propriétaires voisins, rappelle la Cour de cassation.

Cette action requiert que l’usage même non fautif d’un fonds cause à un autre fonds voisin des troubles qui excèdent les inconvénients normaux du voisinage.

Par conséquent, une action ne peut être fondée sur les troubles de voisinage lorsqu’il n’est pas question de troubles causés par l’usage d’un fonds voisin, mais bien de l’intrusion dans un fonds ou de son occupation sans droit ni titre par un voisin.

Bref, j’aurais dû agir au possessoire (art. 1370 du Code judiciaire) pour faire cesser une atteinte à la possession de mon fonds, et non en trouble de voisinage.

En effet, ce fondement suppose que le trouble vienne de l’usage que le voisin fait de sa propriété et non de la mienne…

De vordering wegens burenhinder gesteund op artikel 544 Burgerlijk Wetboek veronderstelt dat het evenwicht tussen de rechten van naburige eigenaars is verbroken.

Opdat een vordering op burenhinder kan worden gesteund is vereist dat het zelfs niet foutief gebruik van een erf aan een naburig erf hinder toebrengt die de gewone ongemakken van nabuurschap overschrijdt.

Een vordering kan bijgevolg niet op burenhinder worden gesteund wanneer er geen sprake is van hinder veroorzaakt door het gebruik van een naburig erf, maar wel van het betreden of het zonder recht noch titel bezetten van een erf door een nabuur.

Cass., 5 décembre 2016, rôle n° C.16.0150.N, www.juridat.be.

close