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Gilles Carnoy, avocat à Bruxelles

Les désagréments d’un chantier à Bruxelles

Un chantier s’annonce toujours par l’affichage du permis. L’article 194-2, alinéa 1er, CoBAT dispose en effet que :

« Un avis indiquant que le permis a été délivré doit être affiché sur le terrain par les soins du demandeur, soit, lorsqu’il s’agit de travaux, avant l’ouverture du chantier et pendant toute la durée de ce dernier, soit, dans les autres cas, dès les préparatifs de l’acte ou des actes et tout au long de l’accomplissement de ceux-ci. »

En principe, un chantier se déroule selon les horaires prévus par le droit du travail.

L’avis de chantier dont question à l’article 194-2 ne constitue donc pas une autorisation de mener le chantier le samedi, le dimanche ou durant la nuit.

C’est le RRU (Titre III – Chantiers – art. 4) qui prévoit que les chantiers sont interdit le samedi, le dimanche et les et jours fériés.

En semaine les horaires sont entre 7 heures à 19 heures et entre 7 heures à 16 heures lorsque le battage des pieux, des palplanches, le concassage des débris ou l’utilisation de marteaux piqueurs ont lieu.

Mais cela n’est pas applicable aux travaux réalisés par des particuliers à leur propre habitation et dont les nuisances n’excèdent pas la mesure des inconvénients normaux du voisinage.

Ce n’est pas davantage applicable aux travaux publics (voyez l’ordonnance du 5 mars 1998 relative à la coordination des chantiers en voie publique en Région de Bruxelles-Capitale).

Sauf pour les chantiers soumis à un permis d’environnement, des horaires particuliers peuvent être fixés pour les chantiers ne générant pas de nuisances sonores ou ne pouvant être interrompus pour des raisons techniques ou de sécurité ou de fluidité du trafic (art. 4, § 2, du Titre III du RRU).

Et encore faut-il que la tranquillité, la propreté, la salubrité et la sécurité publique soient assurées.

C’est le bourgmestre qui est compétent pour accorder des horaires dérogatoires.

La demande doit être adressée par lettre recommandée au moins dix jours avant le début du chantier.

Si le bourgmestre ne répond pas à la demande dans les sept jours, les horaires applicables au chantier sont ceux prévus dans la demande.

La demande doit donc être formulée de manière claire car elle vaudra décision en l’absence de réponse.

Le demandeur doit aussi afficher les horaires résultant de sa demande de dérogation à côté de l’affiche relative au permis d’urbanisme.

Il y a donc deux affichages distincts : celui du permis d’urbanisme et celui de l’autorisation relative aux horaires ou de la demande si elle est restée sans réponse.

En outre, il ne faut pas perdre de vue :

  • L’application du droit du travail (par l’entrepreneur à l’égard de ses travailleurs),
  • La solidarité du maître de l’ouvrage dans certains cas, lorsque le personnel de l’entrepreneur n’est pas déclaré,
  • Les règles en matière de trouble de voisinage (responsabilité sans faute),
  • Les déclarations en exécution de l’ordonnance du 5 juin 1997 relative aux permis d’environnement,
  • Les autorisations pour l’occupation de la voie publique (conteneur),
  • Les formalités d’assainissement des sols si le permis d’urbanisme porte sur des travaux d’excavation dans une parcelle située en catégorie 0.

Enfin, un chantier de travaux arrêté depuis plus de douze mois est assimilé à un terrain non bâti.

Il doit être fermé par une clôture d’au moins deux mètres de hauteur, présenter un relief dissuadant l’affichage, être sans danger et muni d’une porte d’accès (art.14 du Titre I du RRU).

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Travaux immobiliers à un immeuble destiné à être loué en option TVA

Il existe un nouveau projet de loi du 31 juillet 2018 (DOC 54 3254/001 p. 27) sur la TVA optionnelle des loyers ; ce projet est à présent publié sur le site www.lachambre.be. Une des conditions d’assujettissement optionnel des loyers à la TVA est que le bail porte sur un bien neuf. Cela signifie que l’option […]

Lire plus arrow_forward

Il existe un nouveau projet de loi du 31 juillet 2018 (DOC 54 3254/001 p. 27) sur la TVA optionnelle des loyers ; ce projet est à présent publié sur le site www.lachambre.be.

Une des conditions d’assujettissement optionnel des loyers à la TVA est que le bail porte sur un bien neuf.

Cela signifie que l’option ne peut être exercée que pour des baux sur des bâtiments pour lesquels les taxes grevant les travaux immobiliers, qui concourent spécifiquement à l’érection de ces bâtiments, sont exigibles pour la première fois au plus tôt le 1er  octobre 2018.

L’article 19, § 2, in fine du Code TVA définit les travaux immobiliers comme « … tout travail de construction, de transformation, d’achèvement, d’aménagement, de réparation, d’entretien, de nettoyage et de démolition de tout ou partie d’un immeuble par nature, ainsi que toute opération comportant à la fois la fourniture d’un bien meuble et son placement dans un immeuble en manière telle que ce bien meuble devienne immeuble par nature. »

Cette règle relative à l’application dans le temps du nouveau régime tient compte des points 9  et 11  de l’avis du Conseil d’État n° 63.256/3 du 17 mai 2018.

Sont par conséquent concrètement visés, les travaux immobiliers visant à ériger un nouveau bâtiment qui ont été réalisés après le 1er octobre 2018 ou, le cas échéant, même avant le 1er octobre 2018, mais pour lesquels aucune TVA n’est encore devenue exigible avant le 1er octobre 2018.

Les coûts liés à ces opérations comprennent exclusivement les frais de construction matériels proprement dits relatifs au bâtiment ou fraction de bâtiment.

Ne sont dès lors pas considérées comme des travaux immobiliers visant à ériger un bâtiment et ne sont par conséquent pas prises en compte, les opérations de nature intellectuelle, ou plus généralement parlant, de nature immatérielle.

Il s’agit notamment des opérations telles que les prestations des architectes et géomètres, les prestations des conseillers en prévention et sécurité, les études d’incidences préalables à la construction, l’achat de matériaux destinés à la construction ou encore la location de machines en vue de la construction.

Ne sont pas non plus considérés comme des travaux immobiliers visant à ériger le bâtiment même et ne sont par conséquent pas pris en compte, tous les travaux relatifs à la démolition préalable intégrale d’un bâtiment et tous les travaux relatifs au sol. Il s’agit notamment des travaux de sondage, d’assainissement, de terrassement ou de stabilisation du sol, tels que les travaux de recépage.

Sinon, il faut postposer toute facturation au 1er octobre prochain.

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