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Gilles Carnoy, avocat à Bruxelles

Succession : on peut passer son tour

Revenons sur la grande nouveauté apportée au droit des successions par la loi du 10 décembre 2012 entrée en vigueur le 21 janvier 2013.

La durée de vie a sensiblement augmentée et l’on hérite vieux. Le transfert de patrimoine intervient à un âge où, bien souvent, ce sont les petits enfants et non les enfants qui ont besoin d’être aidés.

La tentation est alors de renoncer à la succession des parents, pour en faire profiter les petits enfants.

Cette opération était incommode pour les raisons suivantes :

Si je renonce à la succession, ce sont les autres héritiers (mes frères et sœurs par exemple) qui en héritent, pas mes enfants.

Si mon parent veut tester au profit de mes enfants, il doit tenir compte de ma réserve (à laquelle je peux cependant renoncer après le décès) et se voit donc limité dans cette libéralité.

Si je renonce à la succession en faveur de mes enfants, cela constitue une acceptation de la succession (droit de succession) suivie d’une donation à mes enfants (droits de donation).

L’article 786 nouveau du Code civil permet à présent à un héritier de renoncer (après le décès, pas avant) en faveur de ses propres descendants par une déclaration au greffe du tribunal de première instance dans l’arrondissement dans lequel la succession est ouverte.

Il y aura évidemment des droits de succession mais ces droits seront ceux qui auraient frappé la dévolution aux enfants comme s’ils avaient hérité.

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Le mandataire achète lui-même l’immeuble

Une société exerce l’activité d’agent immobilier. Elle reçoit une mission immobilière pour un immeuble. Cette mission est couplée à un mandat de vente. La société agent immobilier signe un compromis avec une société. Les deux sociétés ont le même gérant. Le propriétaire veut échapper à cette vente ; il invoque l’article 1596 du Code civil qui […]

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Une société exerce l’activité d’agent immobilier. Elle reçoit une mission immobilière pour un immeuble. Cette mission est couplée à un mandat de vente.

La société agent immobilier signe un compromis avec une société. Les deux sociétés ont le même gérant.

Le propriétaire veut échapper à cette vente ; il invoque l’article 1596 du Code civil qui pose la nullité de la vente par la mandataire à lui-même.

La Cour d’appel  le déboute, retenant que « le mandataire n’est pas l’acquéreur du bien mais que cet acquéreur est la société A, personne morale différente de la première même si elles ont toutes les deux le même dirigeant ; »

La Cour de cassation française, sur le visa de l’article 1596 du Code civil (même principe en Belgique), casse l’arrêt :

« Qu’en statuant ainsi, sans rechercher si la société Immo D, mandataire, dont elle relevait qu’elle avait le même gérant et le même siège social que la société A, ne s’était pas portée acquéreur, par personne morale interposée, du bien qu’elle était chargée de vendre, la cour d’appel n’a pas donné de base légale à sa décision ; »  (Cass., fr., 2 juillet 2008, www.legisfrance.fgouv.com).

L’article 1596 (belge) du Code civil dispose que « ne peuvent se rendre adjudicataires, sous peine de nullité, ni par eux-mêmes, ni par personnes interposées (…) les mandataires, des biens qu’ils sont chargés de vendre ; » 

Le juge ne peut se contenter de constater qu’il s’agit de personnes morales différentes, l’une pouvant agir pour l’autre lorsque les intérêts se confondent.

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