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Gilles Carnoy, avocat à Bruxelles

Propriétaires au Logis ou au Floréal, demandez l’exonération du PI

Le redevable du précompte immobilier peut demander des exonérations du PI dès lors que le bien a fait l’objet d’un arrêté de classement.

L’article 298 du CoBAT prévoit en effet que que les biens relevant du patrimoine immobilier, classés en tout ou en partie, qui sont principalement utilisés comme logement et ne sont pas donnés en location, sont exonérés du précompte immobilier dans la mesure suivante :

  • à concurrence de 25 % si leur façade est classée,
  • à concurrence de 50 % si leur intérieur ou leur jardin est classé, en tout ou en partie,
  • à concurrence de 100 % s’ils sont classés en totalité.

Pour bénéficier de l’exonération visée aux points 2° et 3°, le bien concerné doit faire l’objet d’une convention conclue avec le Gouvernement qui prévoit son accessibilité au public à l’occasion des journées du Patrimoine (arrêté du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale du 6 avril 2011, M.B. du 19 septembre 2011).

Dans les cités-jardins du Logis et du Floréal, les façades, toitures et jardins sont classés (arrêté du Gouvernement du 15 février 2001), ce qui permet aux propriétaires de prétendre aux exonérations de 25 % et de 50 % moyennant une demande de remise du PI et la conclusion d’une convention d’accessibilité du bien au public lors des journées du patrimoine.

Si le PI est déjà enrôlé, il faut réclamer par une LR au Directeur des contributions dans les six mois de l’avertissement-extrait de rôle (art. 366 CIR/92).

Si le Pi n’est pas  encore enrôlé, il faut introduire une requête en exonération et en profiter pour demander aussi l’exonération de 10 % par enfant (plus si handicapé), éventuellement au prorata si l’immeuble est partiellement professionnel (art. 258 CIR/92), ou de 25 % si le RC n’excède pas 745 ou 992 €. Cela se fait comme une réclamation (art. 369 CIR/92).

L’ASBL Vivre au Logis et au Floréal a fait circuler des modèles permettant aux propriétaires de remplir les formalités. Ces modèles ont été actualisés et sont disponibles ci-dessous :

Convention d’accessibilite au public (d’après le site de la CRMS)

Arrêté de classement Le Logis – Floréal

Réclamation contre le PI pour faire appliquer les exonérations

Demande d’exonération au PI

Demande de convention d’accessibilité au public

Ceux qui craignent que le précompte immobilier soit exécuté durant le traitement de la réclamation peuvent adresser une copie de la réclamation au receveur des contributions en demandant qu’il soit sursis à l’exécution sur base de l’article 410 CIR/92.

Si le Directeur des contributions refuse l’exonération, ou limite celle-ci à 50 % (interprétation non cumulative de l’article 298 CoBAT), il faut introduire un recours judiciaire par requête contradictoire, dans les trois mois de la décision du Directeur (article 1385undecies du Code judiciaire). Le recours à un avocat est alors nécessaire.

Pour une concertation entre propriétaires, voyez www.vivreafloreal.be.

Catégorie: Impôts directs

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Le sort des travaux après séparation

Une question lancinante en jurisprudence est celle du sort des travaux faits dans la maison après la séparation du couple. Celui qui a réalisé ou fait réaliser les travaux à ses frais, et qui quitte la maison, a-t-il droit à une compensation ? Souvent c’est la théorie de l’enrichissement sa cause qui est appelée pour soutenir […]

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Une question lancinante en jurisprudence est celle du sort des travaux faits dans la maison après la séparation du couple.

Celui qui a réalisé ou fait réaliser les travaux à ses frais, et qui quitte la maison, a-t-il droit à une compensation ?

Souvent c’est la théorie de l’enrichissement sa cause qui est appelée pour soutenir une telle demande.

L’enrichissement sans cause est un principe général de droit.

Il suppose que l’appauvrissement ne trouve pas sa cause dans la prise en compte par l’appauvri de ses intérêts propres.

Dans une espèce jugée par la Cour de cassation (12 octobre 2018, rôle n° C.18.0084.N, www.juridat.be), Monsieur avait rénové la maison pour donner au couple un nouvel départ (« een nieuwe start te geven »).

Cette motivation ne constitue pas une cause qui justifie le risque pris d’appauvrissement, estime la Cour d’appel de Gand.

La Cour de cassation casse l’arrêt gantois :

“ De appelrechter die aldus oordeelt dat de verweerder de vermogensverschuiving ten voordele van de eiseres realiseerde met de bedoeling om hun relatie een nieuwe start te geven, verantwoordt zijn beslissing dat een juridische oorzaak ontbreekt niet naar recht.”

Ma traduction : le juge d’appel qui décide ainsi que le défendeur réalisa un déplacement de patrimoine en faveur de la demanderesse avec l’intention de donner à leur relation un nouveau départ, ne justifie pas légalement sa décision qu’une cause juridique fait défaut.

La situation est fréquente : dans l’enthousiasme d’une nouvelle relation, Monsieur s’empresse d’améliorer le nid qui appartient à Madame.

Après la séparation, Madame profite seule des travaux et Monsieur se trouve bien marri.

Cette jurisprudence ne va pas faciliter les choses pour Monsieur.

Il faut prévenir ce problème par la conclusion d’un contrat de vie commune, même (surtout) si on est en pleine lune de miel…

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