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Gilles Carnoy, avocat à Bruxelles

Suppression de l’enregistrement comme entrepreneur

La Commission européenne n’a jamais apprécié le régime de l’enregistrement comme entrepreneur en Belgique.

Cette formalité était jugée pénalisante pour les entrepreneurs non belges qui souhaitaient réaliser un chantier en Belgique.

Cette formalité décourageait les entrepreneurs étrangers et restreignait donc la concurrence en Belgique.

Aux yeux de la Commission européenne, le régime de l’enregistrement a un effet restrictif de la libre prestation des services à l’intérieur de l’Union (articles 56 et 57 TFUE).

Et ce régime n’est pas davantage conforme à la directive services 2006/123/CE du Parlement européen et du Conseil du 12 décembre 2006.

Petit à petit la Belgique a lâché du lest.

Depuis le 1er janvier 2008, le défaut d’enregistrement n’est plus la condition de la solidarité du commettant dans le paiement des dettes fiscales et ou sociales de l’entrepreneur.

Et depuis le 1er janvier 1999, la solidarité ne s’applique pas au commettant-personne physique qui fait exécuter des travaux à des fins privées.  

L’enregistrement reste cependant une condition pour l’obtention de primes, d’avantages fiscaux ou pour la prise en compte de travaux dans le cadre de la base de taxation des plus-values immobilières.

Un avis du 16 août 2011 a été publié au Moniteur Belge du 19 août, relatif à la suppression de l’enregistrement comme entrepreneur.

Cet avis du SPF Finances indique que le conseil des ministres du 16 juin 2011 a approuvé un avant-projet de loi portant des dispositions fiscales et diverses comprenant, entre autres mesures, la suppression de l’enregistrement comme entrepreneur.

Le Conseil d’Etat a déjà rendu un avis concernant cet avant-projet de loi.

Dès l’adaptation de l’avant-projet aux remarques du Conseil d’Etat, il sera déposé comme projet de loi au parlement.

Le Conseil d’Etat a notamment relevé que diverses autorités doivent avoir le temps suffisant pour adapter leur réglementation à cette modification.

En effet, l’enregistrement comme entrepreneur est repris dans différentes réglementations fédérales, régionales ou locales, comme une condition pour pouvoir obtenir certains avantages (primes ou subsides).

Ces autorités devront adopter les mesures nécessaires pour corriger leur réglementation dès que la suppression de l’enregistrement comme entrepreneur sera effectivement votée au parlement fédéral.

Au niveau fédéral, le CIR a déjà été adapté.

Ainsi la réduction d’impôt pour les dépenses en vue de la rénovation d’une habitation située dans une zone d’action positive des grandes villes ne dépend plus de ce que les travaux aient été réalisés par un entrepreneur enregistré (art. 145-25 CIR/92).

L’avis du SPF suggère aimablement aux autres autorités de s’inspirer de la formulation de cette disposition.

Commentaires

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Un commentaire Poster un commentaire
  1. Danfer #

    Actuellement, une multitude d’entreprise est en cours d’enregistrement ou vient juste d’être enregistrée… après le 28/11/2011 alors que le demande date de début novembre (par exemple) puisqu’ils ont un délai de 2 mois pour ce prononcer.
    Quid des primes fédérales dans ce cas, puisque ça se trouve dans les conditions d’octroi des réductions fiscales?
    Il y a un fameux « paradoxe » si dans 3 jours la commission d’enregistrement n’existe plus!!!
    Merci de la prompte que vous me réserverez, il doit y avoir des « tonnes » de dossiers de prêts verts refusés ou en cours de l’être.

    décembre 26, 2011

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Rupture des pourparlers d’acquisition d’un immeuble : préjudice de déconvenue

En France, la Cour de cassation reconnait le préjudice de déconvenue ou de déception par suite de la rupture brutale des négociations d’acquisition. Voici l’arrêt (Cass., fr., 3ième chambre civile, 18 octobre 2011, (https://www.legifrance.gouv.fr/) : « Attendu qu’ayant relevé que l’offre de M. et Mme X… avait été transmise par le notaire le 25 avril 2005 à […]

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En France, la Cour de cassation reconnait le préjudice de déconvenue ou de déception par suite de la rupture brutale des négociations d’acquisition.

Voici l’arrêt (Cass., fr., 3ième chambre civile, 18 octobre 2011, (https://www.legifrance.gouv.fr/) :

« Attendu qu’ayant relevé que l’offre de M. et Mme X… avait été transmise par le notaire le 25 avril 2005 à Mlle Y… qui avait souhaité faire insérer dans la promesse de vente quelques modifications dont elle avait communiqué la teneur par « mail », que le notaire lui avait adressé deux projets d’acte les 25 et 29 avril afin qu’il fût signé par tous les indivisaires, que les parties étaient convenues de la date à laquelle l’acte serait réitéré en la forme authentique, que le 29 avril Mlle Y… avait communiqué au notaire un projet d’acte complété et modifié qu’elle devait faire signer à ses coïndivisaires le « week-end » suivant, que le 4 mai elle avait rappelé au notaire qu’elle n’avait pas été fixée sur la réponse des vendeurs quant aux modifications apportées au projet et lui avait fait part que son père avait reçu une proposition d’achat pour un montant supérieur et que, le même jour, elle avait confirmé à une collaboratrice de l’étude notariale que l’indivision n’entendait pas donner suite à l’offre d’acquisition des époux X… et ayant constaté que la rupture était intervenue alors qu’un « compromis » avait été élaboré et soumis à sa signature, la cour d’appel, qui n’était pas tenue de procéder à une recherche que ses constatations rendaient inopérante, a légalement justifié sa décision en retenant que Mlle Y… avait rompu brutalement les pourparlers engagés ;

Sur le deuxième moyen, ci-après annexé :

Attendu qu’ayant constaté que la rupture abusive des pourparlers avait causé à M. et Mme X… un préjudice constitué par la déconvenue de ne pouvoir acquérir le bien qu’ils convoitaient, la cour d’appel a pu en déduire que ces derniers faisaient la preuve d’un préjudice indemnisable en relation avec la faute de Mlle Y… ; »

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