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Gilles Carnoy, avocat à Bruxelles

Vente avec réserve et réversion d’usufruit

Supposons une vente d’un immeuble situé en Belgique dans laquelle le vendeur se réserve l’usufruit viager, pour pouvoir continuer à y habiter.

Comme il vit avec sa compagne, il est prévu une clause de réversion de cet usufruit sur la tête de la compagne du vendeur. Au décès de celui-ci, l’usufruit qu’il s’était réservé sera exercé par sa compagne. Cela implique la condition suspensive de ce que la compagne lui survive.

La vente de l’immeuble avec réserve d’usufruit doit être imposée immédiatement au droit d’enregistrement en tenant compte de la valeur vénale de la pleine propriété de l’immeuble, comme le prévoit l’article 48 C. enreg.

La taxation se fera donc comme une vente de la pleine propriété.

Lorsque le vendeur décédera avant sa compagne et si celle-ci accepte la stipulation faite à son profit, la réversion d’usufruit donnera lieu à la perception du droit proportionnel (droit de vente ou droit de donation entre le vendeur et sa compagne), selon que la réversion s’opère à titre onéreux ou à titre gratuit.

La base imposable sera la valeur vénale de l’usufruit (et non de la pleine propriété) au décès du vendeur, selon le calcul de l’article 47 C. enreg. (le produit obtenu en multipliant la valeur locative par le coefficient déterminé par l’âge au jour de l’acte de la personne sur la tête de qui l’usufruit est constitué).

Pour résumer, la vente avec réserve d’usufruit est taxée comme une vente de la pleine propriété ; la réversion est taxée comme un nouvel usufruit.

Bref, cette figure est certainement une solution sur le plan civil mais n’est pas particulièrement intéressante sur le plan fiscal.

Commentaires

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  1. nathalie Gilles-Delannoy #

    J’ai une question par rapport au sujet :
    – au divorce de mes parents, ceux-ci ont convenu que mon père garderait l’usufruit de 2 biens immobiliers et que mon frère et moi en devenions les nu-propriétaires;
    – au décès de mon père (survenu il y a quelques semaines), l’usufruit devrait, selon les conventions de divorce, revenir à ma mère
    – cette dernière ne désirant pas bénéficier de l’usufruit voudrait que nous devenions plein-propriétaires
    – il semblerait qu’elle doive faire une déclaration de réversion d’usufruit et payer des droits (enregistrement ? succession ?)
    – s’il s’agit effectivement de droits de succession, le taux risque d’être très élevés puisqu’ils sont devenus ‘étrangers’ aux yeux de la loi.

    Pourriez-vous m’éclairer sur ce sujet délicat.
    Merci d’avance

    mai 29, 2013
    • Impossible de vous répondre sans voir les conventions (clause de réversion n’est pas clause d’accroissement).

      mai 29, 2013

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Un trésor est découvert dans la maison vendue

Une maison est vendue avec un accord de déblaiement des encombrants. Or un trésor est découvert dans l’immeuble (des titres au porteur manifestement oubliés). Qui en est propriétaire ? Le vendeur ou l’acheteur ? La Cour d’appel de Liège répond (15 septembre 2016, J.L.M.B., 2017/20, p. 930-933). L’accord de déblaiement n’est pas une vente mais une prestation […]

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Une maison est vendue avec un accord de déblaiement des encombrants.

Or un trésor est découvert dans l’immeuble (des titres au porteur manifestement oubliés).

Qui en est propriétaire ? Le vendeur ou l’acheteur ? La Cour d’appel de Liège répond (15 septembre 2016, J.L.M.B., 2017/20, p. 930-933).

L’accord de déblaiement n’est pas une vente mais une prestation de service. Cela ne rend pas le prestataire propriétaire des titres qui ne sont pas des encombrants.

L’article 716 du Code civil traite de la découverte d’un trésor et attribue la moitié au propriétaire du terrain et la moitié au découvreur.

Mais cette disposition ne s’applique pas si le vendeur justifie sa propriété sur ces titres.

L’acheteur ne peut pas davantage invoquer la règle de fond de l’article 2279 du Code civil.

Cette disposition régit le conflit opposant le véritable propriétaire d’un bien meuble à l’acquéreur de ce bien auprès d’un tiers non-propriétaire.

Ce n’est pas le cas en l’espèce, l’acheteur de la maison n’ayant pas acquis les titres auprès d’un tiers non propriétaire.

Le trésor est donc pour le vendeur.

Le meilleur pour la fin :

« (…) le prévenu, qui a trouvé par hasard les titres litigieux, ne pouvait pas ignorer qu’ils n’ont pas été abandonnés par leur propriétaire puisqu’il connaît les circonstances dans lesquelles il les a trouvés et qu’il a eu connaissance de l’opposition faite sur ces titres. Il ne pouvait à aucun moment croire sérieusement au caractère légitime de sa possession. En décidant de les conserver et en cherchant à les négocier par l’intermédiaire d’un tiers, il a agi avec l’intention frauduleuse de se procurer un avantage illicite en vendant à son profit des biens appartenant à autrui. La prévention (de cel frauduleux) est dès lors établie à sa charge (…). »

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