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Gilles Carnoy, avocat à Bruxelles

Jours et vues sur le voisin

Le Code civil réglemente de manière supplétive les jours et les vues. L’objectif est d’assurer le respect de la tranquillité et de l’intimité d’autrui. En conséquence, on ne peut, sur sa propriété, construire en se réservant vue sur le fonds d’autrui à proche distance.

Il faut distinguer trois situations : le mur à distance, le mur jointif et le mur mitoyen. Les règles du Code civil sont évidemment de plus en plus contraignantes de l’un à l’autre.

On peut pratiquer dans un mur tous dispositifs faisant passer l’air et la lumière pour autant que l’on  respecte une distance minimale de la limite séparative du fonds voisin.  Quelles distances ?

Pour les vues droites :

  • 190 cm pour les vues droites (les vues en angle droit par rapport à la ligne de la limite séparative (art. 678 du Code civil),
  • 60 cm pour les vues obliques (les vues en angle ou de biais) (art. 679),

Pour le mur jointif (séparatif mais non mitoyen) :

  • Seuls des jours, fenêtre non ouvrantes, laissant passer seulement la lumière, sont permis et encore à une certaine hauteur (260 cm au rez et 190 cm pour les étages) (art. 677).

Pour le mur mitoyen :

  • Tous types de vues et jours sont prohibés dans un mur mitoyen, sauf accord contraire des parties (art. 675).

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La force de travail et la communauté légale

Un conducteur de train à la SNCB passe ses loisirs à travailler dans des immeubles qui lui sont propres. Il est marié en régime légal de communauté. Après divorce, lors du partage de la communauté, son ex épouse réclame une récompense à la communauté. Elle estime que la force de travail est une valeur patrimoniale […]

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Un conducteur de train à la SNCB passe ses loisirs à travailler dans des immeubles qui lui sont propres. Il est marié en régime légal de communauté.

Après divorce, lors du partage de la communauté, son ex épouse réclame une récompense à la communauté.

Elle estime que la force de travail est une valeur patrimoniale qui doit enrichir la communauté puisque les revenus du travail dont communs (art. 1405 du Code civil).

Si cette force de travail s’exerce dans le cadre de relations professionnelles, elle se matérialise par la perception de revenus communs.

En revanche, si cette force de travail s’exerce dans le cadre de travaux d’amélioration d’un bien propre, la communauté s’en trouve appauvrie car la force de travail a vocation à profiter au patrimoine commun.

D’où la demande de récompense de Madame, due par le patrimoine propre de Monsieur à la communauté.

La Cour d’appel de Liège donne raison à Madame mais son arrêt est heureusement cassé par la Cour de cassation (29 juin 2017, rôle n° C.13.0376.F, www.juridat.be).

La Cour de cassation constate en effet que Monsieur n’avait pas manqué à son obligation de contribuer aux charges du mariage et que les travaux litigieux avaient été réalisés durant ses temps de loisir.

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