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Carnoy & Associés, avocats à Bruxelles

Amortissement et investissement immobilier

Une modification légale concernant les amortissements est intervenue dans le cadre de la réforme de l’Isoc.

Elle est applicable à partir du 1er janvier 2020.

Dorénavant :

  • Toute société (grande ou PME) doit réaliser sa première dotation aux amortissements en proportion seulement de la partie de l’exercice comptable au cours de laquelle les immobilisations sont acquises ou constituées,
  • Plus d’amortissements dégressifs, même pour les PME,
  • Concernant les frais accessoires :
  • Les PME peut les déduire « one shot » ou amortir manière échelonnée avec l’actif principal,
  • Les grandes sociétés doivent amortir de manière échelonnée avec l’actif principal (donc pas de « one shot »).

Ces modifications ne sont pas applicables aux personnes physiques ; seulement aux sociétés.

Concernant les immeubles destinés à la vente, qui ne sont pas repris en classe 2 du plan comptable, mais en stock classe 3, voici ce que dit la CNC dans son avis 2015/8 :

« Les biens immeubles destinés à la vente, les maisons-témoin comprises, sont évalués à leur valeur d’acquisition ou à la valeur de marché à la date de clôture de l’exercice, si cette dernière est inférieure.

Le principe d’inscription au bilan des stocks à leur prix d’acquisition implique qu’en règle générale, tous les frais et coûts exposés pour mettre les stocks à l’endroit et dans l’état où ils se trouvent, soient inclus dans la valeur à laquelle ces stocks figurent au bilan.

En revanche, les frais et coûts autres que ceux exposés pour mettre les stocks à l’endroit et dans l’état où ils se trouvent, ne peuvent pas être inclus dans le prix d’acquisition : ils doivent être mis à charge de la période au cours de laquelle ils ont été exposés.

La Commission observe que la règle qui, pour les commandes en cours d’exécution, autorise l’intégration d’une fraction du bénéfice prévu dans leur valeur comptable ne s’applique pas aux immeubles destinés à la vente.

Les frais exposés pour l’aménagement d’un terrain ou la commercialisation d’un immeuble acquis, en vue de leur vente, sont dès lors compris dans leur valeur d’acquisition. Sont notamment compris dans ces frais:

  • les frais de recherche et de projet : en l’occurrence, il s’agit exclusivement des frais de recherche ou de projet postérieurs à l’acquisition effective de l’actif et non des frais préalables, comme, par exemple, le coût d’une étude de faisabilité. Ce type de frais est directement porté en résultat,
  • les honoraires de notaire, d’architecte, de géomètre, etc.,
  • les droits d’enregistrement,
  • les frais d’assurances,
  • les frais de démolition,
  • les frais d’assainissement du sol,
  • les frais engagés pour la construction d’égouts, de voirie (cession à titre gratuit aux autorités compétentes),
  • les frais de construction et de rénovation,
  • les intérêts intercalaires (faculté), pour autant qu’ils concernent le délai habituel de construction.

Les charges simples (par exemple, les charges pour l’administration générale) et les charges liées à la vente, comme, par exemple, du matériel promotionnel, les dépenses de réception, etc., ne sont pas compris dans la valeur d’acquisition.

Il n’y a évidemment pas lieu d’amortir le stock.

La photo : un immeuble de style moderniste au coin de l’avenue Van Volxem et du boulevard de la Deuxième Armée Britannique à Forest. Rénové en 2015.

Van Volxem 208

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Infraction d’urbanisme et confiscation des loyers

Le propriétaire commet  une infraction d’urbanisme lorsqu’il augmente le nombre de logements d’un immeuble sans se voir préalablement délivrer un permis à cet effet. Le tribunal qui est appelé à sanctionner cette infraction peut ordonner la confiscation des avantages obtenus à l’aide de l’infraction. C’est ainsi que le tribunal correctionnel peut condamner à la confiscation […]

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Le propriétaire commet  une infraction d’urbanisme lorsqu’il augmente le nombre de logements d’un immeuble sans se voir préalablement délivrer un permis à cet effet.

Le tribunal qui est appelé à sanctionner cette infraction peut ordonner la confiscation des avantages obtenus à l’aide de l’infraction.

C’est ainsi que le tribunal correctionnel peut condamner à la confiscation des loyers perçus de la location d’unités de logement non reconnues par un permis d’urbanisme.

C’est une peine redoutable lorsque le contrevenant a financé les travaux de division et entendait rembourser au moyen des loyers.

La question qui se pose souvent est la manière de fixer l’avantage patrimonial tiré de l’infraction.

Un arrêt de la Cour de cassation du 15 décembre 2021 (rôle n° P.21.0976.F, www.juportal.be)  répond à cette question.

D’après le moyen, pour calculer l’avantage patrimonial tiré de l’infraction, il fallait, non pas additionner les loyers obtenus grâce aux unités de logement aménagées sans permis, mais comparer les montants obtenus par les demandeurs avec les gains qu’ils auraient réalisés de toute manière en louant l’immeuble conformément à sa destination initiale d’immeuble de rapport.

La Cour répond sobrement :

« Le juge répressif décide souverainement en fait qu’un avantage patrimonial sur lequel porte la confiscation spéciale a été tiré directement d’une infraction. La Cour vérifie si, sur la base de cette appréciation souveraine, le juge n’a pas méconnu la notion légale d’avantage patrimonial.

Les juges d’appel ont pu considérer que le profit licite rapporté, au cours d’une période déterminée, par un immeuble divisé légalement en six appartements équivaut au total des loyers perçus durant cette période pour les six unités. Partant, ils ont pu identifier l’actif illicite aux loyers obtenus grâce aux logements surnuméraires illégalement aménagés dans le même immeuble. »

Cette manière de voir me semble peu réaliste et inexactement sévère. Un avantage patrimonial n’est jamais un revenu brut.

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