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Gilles Carnoy, avocat à Bruxelles

Faire appel à l’investissement solidaire

Les banques et sociétés de bourse ne négligent plus le marché des investissements éthiques ou solidaires.

Elles proposent dans la gamme de leurs produits d’ajouter au portefeuille certains placements répondant à une préoccupation environnementale, solidaire ou sociale.

Mais il existe aussi des véhicules de l’économie sociale permettant de recueillir directement des fonds pour financer des projets solidaires, notamment immobiliers.

L’obstacle majeur est bien souvent la lourdeur des formalités en matière d’appel public à l’épargne (loi du 16 juin 2006 et directive 2003/71/CE du 4 novembre 2003).

Sauf si elle est destinée aux investisseurs qualifiés, l’offre est réglementée lorsqu’elle s’adresse à au moins 100 personnes physiques ou morales, et quand elle porte sur des instruments totalisant  au moins 100.000 €.

On exclut aussi les offres qui requièrent une contrepartie d’au moins 50.000 € par investisseur et par offre distincte (art. 3, § 2).

Lorsque l’offre est réglementée, l’émetteur doit publier un prospectus (art. 20) approuvé par la FSMA et se soumettre à certaines communications. Ces formalités sont très coûteuses.

Certains organismes échappent à ces formalités.

L’article 16, § 1, 8°, exclut ainsi les offres publiques d’instruments de placement émis par des ASBL en vue de se procurer les moyens nécessaires à la réalisation de leurs objectifs non lucratifs.

L’article 18, § 1, a, exonère par ailleurs les parts de société coopérative agréée par le Conseil national de la Coopération.

Dans ce dernier cas, il est requis que le coopérateur puisse bénéficier des services rendus par la société coopérative et le total de l’offre de parts doit être inférieur à 2.500.000 €.

Notons qu’il est incompréhensible que la loi accorde cet avantage à la société coopérative et non à la société à finalité sociale qui a remplacé de longue date la véritable coopérative.

Supposons une société coopérative ayant pour vocation de développer du logement de transit ou du logement durable pour les personnes démunies.

La condition voulant que les coopérateurs puissent bénéficier d’un service rendu par la société est aisée à rencontrer pour l’acquéreur ou l’occupant d’un logement qui doit préalablement devenir coopérateur par la souscription d’une part.

En revanche, les choses sont moins simples lorsque le coopérateur est un investisseur souhaitant avant tout apporter des fonds à une entreprise sociale.

Les statuts pourront en ce cas donner à tout coopérateur un droit (pas une obligation) de devenir propriétaire soit personnellement en dessous d’un seuil de revenu, soit à la condition de mettre le bien en vente ou en location à des personnes dont les revenus ne dépassent pas un certain seuil.

En outre, il faut considérer les conditions pour que la société coopérative soit agréée. L’article 5 de la loi du 20 juillet 1955 exige que les statuts prévoient :

a)      L’adhésion volontaire,

b)      L’égalité ou la limitation du droit de vote aux assemblées générales,

c)      La désignation par l’assemblée générale des membres du conseil d’administration et du collège des commissaires,

d)      Un taux d’intérêt modéré (maximum 6 %), limité aux parts sociales;

e)      Une ristourne aux associés.

On peut ainsi prévoir que chaque investisseur ne puisse acquérir plus d’un certain nombre de parts, ou que le pouvoir votal par coopérateur soit limité.

L’accession au logement acquisitif ou locatif doit enfin être octroyée au coopérateur à un montant inférieur au public.

On notera que les catégories de la requête en agréation imposée par l’arrêté royal du 10 octobre 2010, sont assez restrictives et rencontrent imparfaitement la société coopérative de financement de projets solidaires…

Voyez, pour un exemple de société coopérative active à Liège dans  l’acquisition et la rénovation de logements : www.lestournieres.be.

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Condition suspensive

Une condition suspensive est généralement stipulée en faveur d’une partie. Cette partie peut alors renoncer à se prévaloir de la condition pour tenir la convention pour définitive « Mais attendu qu’ayant, par motifs propres et adoptés, souverainement retenu que la condition de contrôle de la situation d’urbanisme n’intéressait que l’acquéreur qui pouvait seul renoncer à se […]

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Une condition suspensive est généralement stipulée en faveur d’une partie. Cette partie peut alors renoncer à se prévaloir de la condition pour tenir la convention pour définitive

« Mais attendu qu’ayant, par motifs propres et adoptés, souverainement retenu que la condition de contrôle de la situation d’urbanisme n’intéressait que l’acquéreur qui pouvait seul renoncer à se prévaloir de l’absence de réalisation de cette condition suspensive, que celle relative à la purge de tous droits de préemption ou de préférence intéressait les deux parties, que sa réalisation dépendait de la bonne volonté du vendeur qui, en présentant la déclaration d’intention d’aliéner postérieurement à la date fixée du 15 janvier 2009, avait manifesté expressément sa volonté de ne pas se prévaloir de la caducité du fait du dépassement du terme et que les conditions suspensives avaient été réalisées, la cour d’appel, qui n’était pas tenue de procéder à des recherches qui ne lui étaient pas demandées, en a déduit, à bon droit, que le « compromis » de vente n’était pas caduc lors de la demande en réitération de la vente par acte authentique ; » (Cass., fr., 3ième chambre, 12 novembre 215, www.legifrance.com).

Si une partie peut renoncer à la condition suspensive stipulée dans son intérêt, la renonciation doit cependant intervenir dans le délai fixé pour sa réalisation :

« Attendu que pour rejeter la demande de caducité et constater le transfert de propriété au profit de la société Factory l’arrêt retient que la clause suspensive relative à l’obtention des permis n’a été prévue que dans l’intérêt de l’acquéreur puisque lui seul pouvait y renoncer, qu’aucun formalisme n’était envisagé pour cette renonciation, et que si l’acte devait être réitéré au plus tard le 31 décembre 2004, cette date n’était pas extinctive mais avait pour effet d’ouvrir une période pendant laquelle chacune des parties pouvait sommer l’autre de s’exécuter ; qu’il incombait aux consorts X…, avant de prendre d’autres engagements, de mettre en demeure la société Factory de prendre position et de lui préciser si elle renonçait ou non au bénéfice de la condition suspensive relative à l’obtention des permis, ce qu’ils n’ont pas fait ;

Qu’en statuant ainsi, alors que dès lors que la date du 31 décembre 2004 constituait le point de départ de l’exécution forcée du contrat, la renonciation de l’acquéreur au bénéfice des conditions suspensives devait intervenir avant cette date, la cour d’appel a violé le texte susvisé ; » (Cass., fr., 3ième chambre, 17 décembre 2008).

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