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Gilles Carnoy, avocat à Bruxelles

Comment est taxé le propriétaire d’immeuble en Belgique ?

L’article 6 CIR/92 distingue les types de revenus taxables à l’impôt des personnes physiques, dont les revenus immobiliers qui nous intéressent ici.

Seuls les loyers sont taxables à ce titre, ou la valeur locative quand l’immeuble n’est pas loué (art. 7 à 16 CIR/92). Les plus-values réalisées sont éventuellement taxées dans une autre catégorie, celle des revenus divers (art. 90, 8° et 10°).

Ce sont les revenus des immeubles détenus en Belgique et à l’étranger qui sont taxé. Mais, les revenus générés à l’étranger sont généralement exonérés en Belgique par les conventions préventives de double imposition, et taxés dans le pays de situation.

En revanche, le revenu immobilier étranger entre en considération en Belgique pour la réserve de progressivité. Cela explique que le revenu étranger doit être repris dans la déclaration fiscale.

Signalons enfin que les revenus immobiliers sont taxés dans le chef du propriétaire (art. 7) et du titulaire de droit immobilier (usufruit, emphytéose et superficie) (art. 10 et 11).

Il faut distinguer deux types de taxation : la taxation du revenu et le précompte immobilier.

Le revenu immobilier

  1. Le revenu d’un immeuble non loué situé en Belgique que le contribuable n’habite pas est le revenu cadastral indexé (x 1,66813) majoré de 40 % (art. 7, § 1, 1°, b).
  2. Le revenu d’un immeuble non loué situé en Belgique et habité par le contribuable est le revenu cadastral indexé (art. 7, § 1, 1°, a).
  3. Mais le revenu cadastral de l’immeuble que le contribuable occupe est exonéré (art. 12, § 3). De plus, les intérêts d’emprunt et les sommes affectées à l’amortissement du capital pour acquérir une habitation unique, et l’assurance vie de reconstitution  sont déductibles des revenus nets à hauteur de 2.260 € (exercice 2014) majorés de 750 € durant les dix premières années du prêt (art. 104, 9°).
  4. Si l’immeuble est donné en location à une personne physique qui ne l’affecte pas à sa profession, le revenu taxable est le revenu cadastral indexé majoré de 40 % (art. 7, § 1, 2°, a).
  5. Si l’immeuble est donné en location à une personne morale ou à une personne physique qui l’affecte à sa profession, le montant total des loyers et des avantages locatifs sera taxé sans que la somme ne puisse être inférieure au RC indexé majoré de 40 %.

C’est le revenu net qui est taxé, c’est-à-dire le montant brut diminué des frais d’entretien et de réparation de 40 % (art. 13) pour les immeubles bâtis et le matériel et l’outillage immeuble par destination, sans que cette déduction ne puisse excéder 2/3 du RC non indexé mais revalorisé, ou 10 % pour les immeubles non bâtis.

En cas d’affectation mixte, il faut ventiler les loyers dans le bail, à défaut de quoi la totalité du loyer est taxable (art. 8).

  1. Si l’immeuble est donné en location à une personne morale autre qu’une société qui l’affecte au logement de personnes (une Agence Immobilière Sociale par exemple), le revenu taxé est le RC indexé majoré de 40 % (art. 7, § 1, 2°, b).
  2. Si l‘immeuble est donné en location par un dirigeant à sa société, le total des loyers et avantages locatifs est taxé sans être inférieur au RC indexé (art. 7, § 1, 2°, c). En ce cas, la partie du revenu qui excède 5/3 du RC revalorisé est requalifiée en revenus professionnels (art. 32, 3°).

Le précompte immobilier

  1. Le propriétaire, usufruitier, emphyéote ou superficiaire est en outre redevable du PI (art. 251) s’élevant à 1,25 % du RC ou 2,5 % en Flandre.
  2. La part communale s’ajoute à la part régionale. Elle varie en fonction des Communes de 0 % à 8 %. Cela porte le PI à environ 30 % du RC. C’est un véritable impôt car le précompte n’est plus imputable.
  3. Il existe des réductions (elles doivent être demandées) du PI pour habitation modeste, enfant à charge, personnes handicapées, improductivité et immeuble classé (art. 257).
  4. Il existe aussi une exonération du PI pour les États étrangers et certains établissements comme les hôpitaux, les maisons de repos, les écoles, etc. (art. 253).

Commentaires

facebook comments:

  1. Avatar

    Pour une location à un dirigeant d’entreprise, une fois la partie déduite, le reste est rajouté à la base imposable ? Quel est le taux?

    août 8, 2013
  2. Avatar
    thierry #

    bonjour, j’ai une question qui pour moi reste sans réponse,
    si un proprietaire belge loue un logement à une société pour loger un employé (personne physique) qui utilisera se bien à titre d’habitation privée. le proprietaire sera t il plus taxé/imposé que si le payeur est aussi le locataire physique.
    En d’autre terme le point:
    4.Si l’immeuble est donné en location à une personne physique qui ne l’affecte pas à sa profession, le revenu taxable est le revenu cadastral indexé majoré de 40 % (art. 7, § 1, 2°, a).
    s’applique til que pour un locataire payeur ou aussi à un locataire dont c’est la société qui l’emploie…
    En vous remerciant pour vos eclaircissements

    mars 6, 2014
  3. Avatar

    Bonjour Gilles,

    J’ai 3 questions SVP

    Concernant les déductions IPP sur revenus locatifs immobilier:
    Vos points 1 à 5 sont très clair. Merci.

    SOIT LA SITUATION SUIVANTE:
    Dans le cas ou vous êtes propriétaire de plusieurs biens, dont votre habitation et un ou plusieurs immeubles de rapport (location privée), vous pouvez actuellement déduire (IPP) l’ensemble des Intérêts des prêts, de l’ensemble des revenus locatifs (RC indexés 1,68 majorés 1,40).

    MA 1ère QUESTION:
    Cette déduction d’intérêts s’applique-t-elle si l’emprunt hypothécaire n’est pas contracté auprès d’une institution, mais bien auprès d’un particulier (exemple un membre de votre famille, lequel paiera « éventuellement à la source » son précompte mobilier sur les intérêts perçus…).

    J’ai lu sur MINFIN une réponse du gouvernement à une question similaire mais in fine différente:
    La question était: peut-on prétendre à la déductibilité pour Habitation Propre & Unique ( = Bonus Logement ou amortissement de 60000€ de capital) si le Prêt Hypothécaire est familial?
    La réponse était: Pas de déduction du capital possible car l’emprunt n’est pas contracté auprès d’une institution (d’un pays Européen).
    La réponse ne mentionnait pas la déductibilité ou non des intérêts….

    —————————
    Certains articles parlaient en 01/2012 de suppression de la déductibilité des prêts hypothécaires avec le passage au Régional

    A ma connaissance, la déductibilité des prêts Hyp. passera du Fédéral au Régional en 01/2015.

    Q1
    Auriez-vous déjà des informations quant au fait que le « Bonus logement » (votre point 3) serait supprimé à partir de 01/2015?

    Q2
    Lorsque l’on parlait de cette suppression de la déductibilité des prêts hypothécaires, pensez-vous que la tendance serait d’aller jusqu’à supprimer la déductibilité des intérêts vis à vis des revenus locatif à terme?

    Grand merci pour votre réponse et votre dévouement à ce site.

    juin 1, 2014
  4. Avatar
    pahelene #

    Bonjour, j’ai une petite maison que je vais loué.J’avoue que je ne sais pas comment cela fonctionne ??Je sais que je dois faire un bail un état des lieux ,faire enregistrer le bail mais où?et pour les bien loués combien d’impot devrais je payer, car cette maison je la paye toujours j’ai encore 8ans à payer !!je vais la louer 385 euros par mois le prix que je rembourse le pret merci de m’éclairer en entendant de vous lire recevez mes salutations

    novembre 25, 2015
  5. Avatar
    vandoolaeghe christine #

    Bonjour,

    question:

    Je possède un immeuble commercial qui est mis en vente depuis plus d’un an. Comme il n’y a pas d’amateurs pour acheter, je pense le mettre en location en tant qu’habitation privée. En ai-je le droit? Puis-je demander un petit loyer, ceci pour aider une personne qui n’a pas de grands moyens?

    D’avance merci pour vos réponses

    mai 27, 2016
  6. Avatar
    Moustafa #

    Bonjour, si un couple non-resident (habite hors UE) percoit un revenu locatif en Belgique (RC indexe et majore par 40%) depassant les 5000 euros comment se calcule l’impot non-resident qu’il doit payer?

    juillet 6, 2019

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Dans les contrats, on trouve à présent des clauses de langue couplées aux clauses de compétence en cas de litige.

Par exemple : « en cas de litige, les juridictions bruxelloises francophones seront seules compétentes ».

Quelle est l’efficacité de pareille clause, vu que la loi du 15 juin 1935 est d’ordre public ?

Si le défendeur est établi en Région wallonne, pas de problème.

Mais s’il est établi en Flandre ?

L’article 40, alinéa 1er, de la loi sur l’emploi des langues a été assoupli par la loi du 25 mai 2018 :

« Sans préjudice de l’application des articles 794, 861 et 864 du Code judiciaire, les règles qui précèdent sont prescrites à peine de nullité. »

La référence aux article 861 à 864 signifie qu’un acte ne peut plus être déclaré nul au regard de l’emploi des langues sans que l’irrégularité n’ait causé grief.

Or si le défendeur a accepté dans le contrat la langue et la compétence française, il n’y a pas de grief.

Malheureusement, la Cour constitutionnelle, saisie par des magistrats flamands, a annulé l’alinéa 1er de l’article 40 (arrêt n° 120/2019 du 19 septembre 2019).

Depuis le 10 octobre 2019, l’ancienne version de l’article 40 est revenue : le juge doit d’office annuler un acte irrégulier sur le plan de la langue.

Or, selon l’article 4 de la loi du 15 juin 1935, un défendeur « domicilié » en Flandre doit être cité en néerlandais à Bruxelles.

Si le juge considère que le siège servant à présent de « domicile » est en Flandre, il doit frapper la citation de nullité, agissant d’office si une parties ne le demande pas.

Les clauses linguistiques dans les contrats ne peuvent rien y faire. Elles sont en réalité inopérantes.

Les clauses d’élection de domicile à Bruxelles sont pareillement impuissantes.

En effet, on ne peut déroger à une loi d’ordre public par des conventions particulières.

L’homogénéité linguistiques des Régions est l’un des fondements de l’organisation de l’Etat et donc de l’organisation judiciaire, d’où son caractère d’ordre public.

Cette homogénéité n’est cependant pas totale.

L’article 7, § 1er, de la loi permet en effet aux parties de demander conjointement que la cause soit renvoyée devant une juridiction de l’autre langue.

Ce n’est pas normal dans un Etat fédéral mais, rassurez-vous, ce respect du choix des parties disparaîtra lorsque la justice sera régionalisée …

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