Skip to content

Gilles Carnoy logo Carnet de route en Droit Immobilier

Gilles Carnoy, avocat à Bruxelles

Clause de résiliation anticipée dans le bail de courte durée

Le preneur peut donner congé à tout moment moyennant un préavis de trois mois et une indemnité de trois, deux ou un mois selon que le bail prend fin au cours de la première, la deuxième ou la troisième année.

C’est le régime de l’article 3, § 5, de la loi du 20 février 1991 sur le bail de résidence principale.

Le bail de courte durée est défini par sa durée inférieure ou égale à trois ans (art. 3, § 6).

L’alinéa 2 de cet article ajoute : « Ce bail n’est pas régi par les dispositions des §§ 2 à 5. »

Il est très fréquent que les modèles de baux de résidence principale contiennent l’option : bail de 9 ans ou bail de courte durée.

Les parties en sélectionnant l’option « courte durée » omettent parfois de rayer aussi la clause de résiliation moyennant 3 mois de préavis et une indemnité de un à trois mois.

On se trouve alors dans la situation d’un bail de courte durée, avec une faculté de résiliation comme dans le bail de longue durée.

Quel est l’effet de pareille clause ?

Les possibilités offertes par le régime légal (article 3, § 2 à 5) de mettre fin de façon anticipée au bail, sont en principe exclues dans le cadre d’un bail de courte durée.

« Cependant, (…) en vertu de la loi, celle-ci n’interdit pas aux parties de les réintroduire par le biais de clauses contractuelles.

(…) rien ne nous paraît empêcher que les parties prévoient, dans le cadre d’un bail de courte durée, la faculté pour le preneur d’y mettre fin dans les conditions de l’article 3, § 5 ou selon d’autres modalités » (Louveaux (B.), Le droit du bail de résidence principale, De Boeck, Bruxelles, 1995, p. 181 et s.)

Cette opinion n’était pas celle des auteur après la loi de 1991 (Rommel (G.), « Le bail de résidence principale », J.P.P., 1992, p. 288 ; Vankerckhove, « Introduction générale, champ d’application et durée des baux au regard des lois des 20 février et 1er mars 1991 relatives aux baux de ‘résidence principale’ », in Benoit (G.) et al., La Charte, Bruxelles, p. 63 et s. ; Durant (I.), Les baux à loyer après la loi du 13 avril 1997, « Le bail de courte durée : une exception généralisée ? », p. 64 à 66 ; Merchiers (Y.), « Duur – opzegging – beeïndiging – verlenging », in Benoit (G.) et al., La Charte, Bruxelles, p. 75, n° 18 ; Dambre et al., De wooninghuurwet, Kluwer, 1995, p. 67, n° 136).

Selon ces auteurs, les parties ne pouvaient pas insérer de clause de résiliation anticipée dans un bail, se fondant sur la ratio legis et l’article 3, § 6, alinéa 2, lui-même (qui est impératif et, nous le rappelons, exclut les facultés de résiliation des § 2 à 5).

Mais la jurisprudence et la doctrine n’ont pas évolué dans le sens de cette interprétation (Benoit (G.) et al., « Le bail de résidence principale. 5 ans d’application de la loi du 20 février 1991 », La Charte, Bruxelles, p. 63 et s. ; Dopppagne (S.) et al, « Le bail de résidence principale », Ed. Kluwer, Bruxelles, 2003, p. 89 et s.).

Des décisions ont admis la validité de telles clauses, du moins dans l’hypothèse de clauses permettant au preneur de quitter les lieux de façon anticipative, mais moyennant le versement d’une indemnité (J.P. Brasschaat, 22 décembre 1994,J.J.P. 1996, p.74 ; Civ. Liège, 4e ch., 15 mars 2006, J.L.M.B., 2007/24, p. 995 ; Civ. Huy, 1ère ch., 3 février 1999, J.L.M.B.99/277).

Qu’en conclure ?

Qu’une clause de résiliation unilatérale et anticipée dans un bail de courte durée, avec indemnité, peut trouver application.

Il faut donc faire attention en complétant un modèle de bail.

Dans un autre article, nous traitons d’une autre résiliation avant terme : la mise en œuvre d’une clause diplomatique.

Commentaires

facebook comments:

  1. Bonjour Gilles,

    Merci pour cet article intéressant, j’aurais une interrogation et peut-être pourriez-vous m’éclairer : j’ai un bail de courte durée comprenant une clause de résiliation. Or celle-ci, bien que présente, n’a été ni remplie, ni annulée mais existe dans les faits étant donné que, suite à mon futur départ, mon propriétaire a signé un bail avec un nouveau locataire. Sous quelles conditions de préavis et d’indemnités cette clause doit-elle être effectuée ?

    juin 11, 2011
  2. Lyricae, impossible de répondre sérieusement sans lire le bail. Mais a priori, si le bailleur a signé un bail avec un tiers, c’est qui’il accepte votre départ. Bonne chance !

    juin 21, 2011
  3. Durant Zoé #

    Bonjour Monsieur,

    Votre article est intéressant d’autant plus qu’il donne les références.
    Mon bail de courte durée inclut une clause de résiliation anticipée pour raison exceptionnelle avec bien sûr préavis de 3 mois et indemnité de rupture.

    La phrase  » et en plus le paiements des loyés échus et à échoir  »

     » à échoir  » signifie t’il que les loyers après la fin du préavis seront dûs par le locataire tant qu’un nouveau locataire n’aura pas été trouvé ?

    Je vous remercie vivement .

    Bonnes fêtes !

    Zoé Durant

    décembre 23, 2015
  4. Maëlys #

    Bonjour,
    Voilà j’ai une question…
    J’aimerais savoir si j’ai le droit de résilié mon bail de courte durée(1 an, qui pourrait éventuellement être rompu par commun accord des deux parti) sachant que la propriétaire adécidé de vendre la maison…! (La procédure à été lancée) Nous avons trouver un autre bien qui est libre le 01/06/2016 et notre bail actuel se termine le 01 novembre. Pouvons nous le résilié sans un commun accord ? Devons nous donner tout de même un préavis ? Aurons-nous des indemnités et si oui combien ? D’avance merci en espérant une réponse 🙂 bonne journée!

    avril 26, 2016
    • Vous pouvez résilier le bail de commun accord mais en principe pas unilatéralement.

      avril 27, 2016
      • Maëlys #

        Super! merci 🙂 bonne journée! Gilles.

        mai 8, 2016
  5. David #

    Bonjour,
    Nous avons signe un bail d’un an en septembre 2014, qui a ete rennouvele pour 1 an supplementaire en septembre 2015. Nous venons de notifier la resiliation anticipee du bail aux proprietaire au 7 avril afin de laisser l’appartement le 7 juillet. Le proprietaire nous demande 2 mois d’indemnite (car dans la 2e annee du bail) quand nous pensons qu’il devrait en avoir qu’un seul (car nous sommes dans un bail d’1 an uniquement). QU’en pensez-vous? MErci d’avance pour votre reponse. Bonne journee.

    mai 5, 2016
  6. Bonjour,
    La petite histoire:
    J’ai signé en avril 2014 un bail de courte durée (1 an + 2 an).
    Mon propriétaire ne m’a pas signifié de préavis après la première année.
    Hormis le fait que la maison était dans un état pitoyable et que j’y ai effectué des travaux pour avoir un confort minimal ( les loyers proposés étant ce qu’ils sont..), j’ai constaté un souci au niveau de me factures d’électricité (320 euros mensuels en étant seule et partie tous les jours pour mon travail)..Soit ! Je l’ai mentionné plusieurs fois au propriétaire qui n’a jamais réagi et j’ai donc fait intervenir Vinçotte et Ores constat 1°) les compteurs présentaient un fonctionnement incohérent (compteur nuit tournait le jour au régime jour) et l’installation électrique de la maison n’était pas aux normes …Mon propriétaire a donc l’obligation de remettre le tout aux normes..Résultat , il me donne mon renom…
    Ma question :
    il me l’a signalé par une lettre simple en décembre dernier , est ce valable?
    Dois je considérer que cette lettre est un préavis anticipé (puisqu’avant les 3 mois légaux ?)
    Si oui , se met il en tort ?
    Je ne suis pas procédurière mais au vu du manque de responsabilité de mon propriétaire (non dépôt de garantie bloqué à mon nom, aucune réaction au problème électrique si ce n’est dans l’urgence, une porte fenêtre qui se déchausse du chambranle (j’avais fait remarqué qu’il semblait avoir un problème et cela devait être fait après mon entrée m’avait il dit et plus de 8 mois pour qu’elle soit remplacée (« c’est hiver, il n’est pas nécessaire que vous alliez dans le jardin je compte défendre mes intérêts..
    Merci et bonne journée

    janvier 4, 2017

Laisser un commentaire

Un trésor est découvert dans la maison vendue

Une maison est vendue avec un accord de déblaiement des encombrants. Or un trésor est découvert dans l’immeuble (des titres au porteur manifestement oubliés). Qui en est propriétaire ? Le vendeur ou l’acheteur ? La Cour d’appel de Liège répond (15 septembre 2016, J.L.M.B., 2017/20, p. 930-933). L’accord de déblaiement n’est pas une vente mais une prestation […]

Lire plus arrow_forward

Une maison est vendue avec un accord de déblaiement des encombrants.

Or un trésor est découvert dans l’immeuble (des titres au porteur manifestement oubliés).

Qui en est propriétaire ? Le vendeur ou l’acheteur ? La Cour d’appel de Liège répond (15 septembre 2016, J.L.M.B., 2017/20, p. 930-933).

L’accord de déblaiement n’est pas une vente mais une prestation de service. Cela ne rend pas le prestataire propriétaire des titres qui ne sont pas des encombrants.

L’article 716 du Code civil traite de la découverte d’un trésor et attribue la moitié au propriétaire du terrain et la moitié au découvreur.

Mais cette disposition ne s’applique pas si le vendeur justifie sa propriété sur ces titres.

L’acheteur ne peut pas davantage invoquer la règle de fond de l’article 2279 du Code civil.

Cette disposition régit le conflit opposant le véritable propriétaire d’un bien meuble à l’acquéreur de ce bien auprès d’un tiers non-propriétaire.

Ce n’est pas le cas en l’espèce, l’acheteur de la maison n’ayant pas acquis les titres auprès d’un tiers non propriétaire.

Le trésor est donc pour le vendeur.

Le meilleur pour la fin :

« (…) le prévenu, qui a trouvé par hasard les titres litigieux, ne pouvait pas ignorer qu’ils n’ont pas été abandonnés par leur propriétaire puisqu’il connaît les circonstances dans lesquelles il les a trouvés et qu’il a eu connaissance de l’opposition faite sur ces titres. Il ne pouvait à aucun moment croire sérieusement au caractère légitime de sa possession. En décidant de les conserver et en cherchant à les négocier par l’intermédiaire d’un tiers, il a agi avec l’intention frauduleuse de se procurer un avantage illicite en vendant à son profit des biens appartenant à autrui. La prévention (de cel frauduleux) est dès lors établie à sa charge (…). »

  • Sitothèque

  • close